Ô rage ! Ô désespoir ! [Terminé]

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Ô rage ! Ô désespoir ! [Terminé]

Message  Amosis Mathias Opilion le 21.02.09 2:46

*Quelle vie...*

Amosis se laissa tomber contre le bar du QG des défenseur, un verre à la main. Un verre de schweppes agrum', naturellement. Et avec deux glaçons.

Il but une gorgée d'un air dépité, puis s'accouda sur le comptoir, le verre glacée plaqué contre sa joue. Il sortit une arme à feu de sous sa veste, et la posa devant lui. Il l'observa pendant de longues secondes, puis sortit une poignée de balles.

Il but son verre d'une seule traite, avant de l'envoyer voler derrière lui. Il prit son arme, l'ouvrit, y déposa une unique balle, puis le referma, et fit tourner le chargeur pour clore la préparation d'un jeu célèbre qu'est la roulette russe.

Il pointa son arme sur sa tempe, et sans une once d'hésitation, appuya sur la gâchette. Rien ne se produisit si ce n'est un léger clic sans conséquence. Il rouvrit son arme, et y ajouta une seconde balle avant de tirer une nouvelle fois. Un autre clic se fit entendre, et Amosis sembla désespérer.

Après avoir remplit le chargeur de moitié, il n'avait qu'une chance sur deux de survivre, malgré le fait que pour lui, c'était une chance sur deux de mourir. Il appuya, et l'instant d'après, il était déjà en train d'augmenter le nombre de balles.

Quatre balles dans une arme qui peut en contenir six. De quoi faire frémir. Mais voilà qu'un clic agaçant laisse un Amosis soupirant remplir l'avant dernier emplacement de l'arme, avec une cinquième balle. Cette fois, il prit son élan, et fit tourner le chargeur pendant une dizaine de seconde. Lentement, il pointa l'arme sur sa tempe. Il ne veut pas se suicider. Il ne veut pas mourir de cette façon, mais il est désespéré. Il n'attendit pas plus longtemps, et exerça une pression sur la gâchette. Clic.

Son coeur n'avait pas augmenté sa pulsation, sa respiration n'avait pas varié, il ne suait même pas. Et pourtant, il savait ce qu'il faisait. Il avait besoin de savoir. Comme poussé par un mécanisme indescriptible qui le fit mettre les cinq balles précédentes, il glissa la dernière dans l'arme. Sans réaliser son geste, il fit tourner le chargeur.

Il savait qu'il allait mourir, c'était inévitable. Il ne perdit donc pas de temps, ferma les yeux et mit fin à ses jours.

Un silence gênant pesait autour de lui. Il ouvrit un œil, et constata le même décor grotesque du bar du QG défenseur. Il ouvrit le deuxième, et se rendit compte que son arme s'était tout simplement enrayée. D'un geste furieux, il l'a jeta sur le sol avec fracas.

Il plongea sa tête dans ses mains, et sentit la cicatrice propre que Jeff lui avait fait sur sa joue. En sentant ce trait rugueux sur son visage, c'est comme s'il s'était mis à ressentir la douleur de toutes ses cicatrices en même temps. De toutes les centaines de plaies qui recouvraient son corps, aucune ne l'avait laissé pour compte. Et là reposait tout le problème.

Il y a de ceux-là quelques heures, il était submergé par des dizaines de soldats d'Anderson. De tout ces combattants acharnés, pas un seul ne réalisa son rêve. Que serait-il arrivé si Jeff n'était pas arrivé, si Febay ne l'avait pas soigné, si Haeg ne lui avait pas ordonné un retrait ? Que ce serait-il passé si Amosis n'avait pas été envoyé en Inde où il avait apprit à être un adversaire redoutable ? Que ce serait-il passé s'il n'avait pas reçu l'enseignement de Lobner qui lui a permit de s'améliorer à un niveau exceptionnel ? Que ce serait-il passé s'il n'était pas le cousin de Catalina, qui ne cesse de lui porter secours depuis leur plus tendre enfance ? Que ce serait-il passé s'il n'avait pas été secouru et aidé de si nombreuses fois ?

La réponse, vous la connaissez tous. Il serait mort. Rien de plus qu'un cadavre oublié, un martyre du conflit tyralien.

Mais il est vivant. Et las de se battre. Moins il se bat, moins il a de chance de mourir. Cela, il l'a comprit depuis des années. Mais plus il se bat, plus il s'améliore, et moins il a de chance de mourir. Beaucoup s'en sont rendu compte. Mais lui, il a toujours plus ou moins volontairement ignoré ce qui s'avère être devenu un réel problème.

Il lui a fallu un affrontement épique avec un allié particulier dans un couloir étroit contre une horde indénombrable pour comprendre qu'il ne pourra pas mourir au combat. La mort en a décidé autrement. Peut-être va t-il mourir renversé par une voiture, rongé par une maladie ancestrale, noyé dans un bain à remous hors de prix, ou encore rattrapé par le temps et l'usure. Il se mit à sourire.

Le dernier Bastion représentait sa dernière chance de mourir en héros. Il n'avait pas réussit à atteindre cet idéale. La roulette russe n'avait pas non plus été fructueuse. Il s'était donné à fond pour déjoué la mort. Et il avait échoué.

_________________
<p style="text-align: right;"><img src="https://redcdn.net/ihimizer/img4/6379/bradpittmini2.jpg" style="float: right;"/><span style="font-family: Papyrus; font-size: 10px;" >Qu'on me donne des mots
Et j'en ferais des armes
Qu'on me donne des phrases
Et j'en ferais des bombes
Une rame de papier
Une armée de feuillets
Pour abattre la dictature
De ces stupides préjugés
Qui font du corps une imposture <span style="text-decoration: blink;">
~~ Joseph Messinger</span></span></p>
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Amosis Mathias Opilion
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