The circle of Life... [Terminé]

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Message  Catalina Opilion le 03.05.10 18:32

    Une lente inspiration. Un air frais à défaut d'être pur. Un soleil chaleureux en ce début de mai venant caresser sa peau bronzée, contrastant avec le vent doux, probablement pas dû à une quelconque volonté humaine. Catalina enfonça ses mains dans les poches de son jean, respirant à pleins poumons. Elle avait troqué ses éternelles tenues de cuir noir de combat contre des vêtements plus simples, plus agréables. Quiconque la voyait passer à ce moment ne pouvait reconnaitre l'une des plus ferventes Défenseuses, adversaire acharnée de l'Inquisition, combattante hors pair. Ce n'était plus qu'une jeune femme comme une autre, ses longs cheveux tombant en cascade de chaque coté de son visage. Rien, absolument rien ne laissait présager de sa véritable identité et il est probable que si une attaque avait survenu à cet instant, la jeune femme aurait eu bien peu de moyens de défense. Certes, elle était armée. Sortir sans armes dans Tyral était une gageure. Mais son armement était très réduit. Mieux, elle n'avait ni l'intention ni l'envie d'utiliser celui-ci, quand bien même la situation l'aurait exigé. Vraiment rien en commun avec la combattive jeune femme qui s'était fait un nom dans la ville et était devenue l'une des Défenseurs les plus influents. Mais au fond, laquelle des deux identités étaient réellement la sienne ? Et laquelle était un leurre ?

    A cet instant, peu lui importait. Elle était simplement heureuse de marcher dans la rue comme le ferait n'importe qui, profitant de cette belle fin d'après-midi, en route pour le domicile de son amant, de son aimé. Aucune garantie que l'oiseau soit un nid mais peu importait. Elle attendrait. La limite de Messlan se profilait à l'horizon. Le quartier des arts lui paraissait bien beau à cet instant, enflammé des derniers rayons d'un astre qui se coucherait d'ici trois ou quatre heures. Elle jeta un coup d'oeil méprisant au bordeau de Murphy en passant devant. Non, d'accord, ce n'était pas un bordel mais une boite de streap-tease. Mais comment ces filles arrondissaient leur nuit, la différence paraissait bien ténue à la fière égyptienne qui ne comprenait de toute façon pas que l'on puisse en arriver là. Sa destination était proche. Elle accéléra sensiblement le pas, soudainement pressée d'arriver, de le revoir. Parce qu'elle l'aimait son Ellipsis. Si les premiers temps de leur relation avaient été houleux et difficile, l'un comme l'autre ayant du mal à cesser de considérer l'autre comme un ennemi potentiel malgré leur attirance, ils avaient, petit à petit, senti un sentiment plus complexe les traverser jusqu'à se considérer différemment de leurs autres passades, se battant avec plus d'acharnement encore pour s'assurer un futur plus doux.

    La porte était close. Pas verrouillée. Rien d'inhabituel. Elle désactiva l'alarme en un tour de main. Pénétra dans la maison. Le capharnaüm ambiant était plongé dans une semi pénombre due aux volets à moitiés baissés. Mais visiblement le maître des lieux n'était pas là. Laissant la porte d'entrée ouverte, elle rebrancha l'alarme et alla s'allonger sans plus de manières sur le grand canapé ayant accueillit tant de leurs étreintes, ramassant un journal trainant au sol pour le feuilleter négligemment. On y faisait état des deniers mouvements de troupes inquiétants agitant l'ensemble des puissances occidentales, de la démolition récente d'un building en plein coeur d'Aeranpolis - elle sourit à ce souvenir. Suivaient les éternels faits divers de meurtres, vols, bagarres de rues et viol en tout genre qui étaient le lot commun à chacun en cette ville. Sans oublier, bien sur, les avertissements répétés envers des criminels des plus dangereux. En tête de liste bien sur, Murphy, Ollon et Febay. Foutu journal de l'Inquisition. Agacée par ce manque d'une presse fiable, elle envoya valser les quelques pages à l'autre bout de la pièce déjà bien encombrée, se ré-installant plus confortablement, les yeux fixés sur le plafond, sur ses souvenirs.


Dernière édition par Catalina Opilion le 03.05.10 20:13, édité 1 fois
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 03.05.10 19:54

    Anarchie contrôlée d’un désordre organisé.

    Febay trônait, souriant, entouré par la mort. Son rictus sinistre n’était que façade, dévoilant derrière son masque impassible la peur et la tristesse que ne voulaient pleurer ses yeux. Il avait bien manqué de mourir, cette fois, et de très près. Le seul renfort de quelques Vollipsis venu l’aider l’avait sauvé du massacre. Huit de ses alliés, ses amis, étaient morts aujourd’hui, pour vaincre deux puissants Cerbers, un moins imposant, et leur cortège d’hommes de main. Il avait partagé beaucoup avec certains d’entre eux, et quoi qu’en dise Amosis de l’honneur de mourir au combat, ce devait être une bien piètre récompense que l’au-delà pour ce qu’avait donné ces hommes pour le sauver.

    Les rouges l’avaient coincé au bord de la forêt d’Alfag. Large supériorité numérique, il n’avait rien pu faire d’autre que de prendre la fuite et d’appeler des renforts. Coincé ensuite dans un immeuble périphérique qui servait de planque aux Ellipsis, il y avait trouvé la dizaine de Vollipsis qui l’avait aidé à vaincre. Il connaissait huit d’entre eux, dont quatre avec lesquels il était vraiment lié. Deux de ceux-là avaient survécu, dont un seul de ses amis proches. S’ils avaient vaincu, encore en nette infériorité numérique, c’était bien uniquement grâce à leur entente mutuelle et leur stratégie d’ensemble.

    A présent, Febay était clairement partagé entre l’ivresse de la victoire et la douleur de la mort. Combien d’autres hommes périraient pour vaincre ? Combien faudrait-il encore de vie pour pouvoir sauver cette île en train de sombrer ? Febay désespérait d’en voir un jour le bout, mais en attendant, il tenait bon, alors que son dos s’emplissait du le lourd fardeau de mort et de désespoir qui était son lot quotidien.

    Il remercia les survivants dans un silence funèbre. Il leur demanda de transporter les cadavres, d’alliés comme d’ennemis, dans une autre planque, pour qu’on leur fasse une meilleure tombe. Il leur recommanda aussi de s’occuper de fermer cette planque pour un temps, à présent qu’elle était repérée. D’habitude, il ne s’occupait pas de ce genre de choses, et n’assistait pas aux enterrements, qui lui sapaient le moral.

    Mais aujourd’hui, poussé par une volonté étrange, il les suivit. L’enterrement n’eut lieu que le lendemain, et il se fit en petit comité. Un prêtre déclara en grande pompe une oraison funèbre, puis on eu vite fait d’enterrer les corps. Beaucoup de gens, de proches, certainement, pleuraient, dans l’assistance. On avait réussit à rassembler beaucoup des proches des Vollipsis, mais plus étonnant, les services Ellipsis avaient réussit à trouver certains des proches des soldats inquisiteurs, et les avaient tous invités à venir, au cimetière d’Alfag. Aucune attaque ne s’était jamais produite en ce genre d’évènement, heureusement, mais énormément de familles avaient préféré demander le corps plutôt que de laisser les tueurs enterrer les tués. Les Inquisiteurs semblaient avoir gardé un rien de respect, d’humanité, peut-être, qui obligeaient leur conscience à laisser faire les Ellipsis. Personne n’en parlait, mais c’était très souvent qu’ils avaient lieu. Parfois, les invités suivaient les Ellipsis dans leurs bureaux, ou on les prenait en charge. Beaucoup d’entre eux étaient curieux, et on avait bien souvent la réponse à leurs questions. Ainsi se faisait une partie du recrutement des Ellipsis.

    Triste et las, il quitta la cérémonie avant la fin. Passant devant la maison d’Amosis, il ne s’arrêta pas. Il rentra chez lui d’un pas lourd, triste. Aujourd’hui, il avait refusé toute mission d’origine ou de style quelconque. Il avait décidé qu’il avait besoin de repos. Le crime l’attendrait bien, pour une journée.

    Mais le crime, apparemment, ne l’attendit pas. Ainsi arriva-t-il dans sa rue, et vit sa porte grande ouverte. Il y avait deux raisons possibles à cela : Soit un de ses rares amis qui connaissaient sa planque principale lui avaient rendu une visite surprise, soit il allait se faire couper la gorge dans les trois minutes succédant son entrée dans la maison. Par prudence, Febay décida donc de se mettre aux aguets.

    L’alarme n’était pas déclenchée, mais on avait très bien pu la faire taire. Il décida donc tranquillement d’entrer par une porte dérobée, donnant dans sa cuisine. Pour laisser croire à l’auteur du guet apens qu’il se riait bien de lui, et qu’il savait pouvoir dérouiller l’intrus en deux temps trois mouvement, il alla d’abord se chercher une simple cannette d’Orangina. En effet, un meutrier qui laisse la porte grande ouverte, c’est soit un fou, soit un débutant, soit quelqu’un qui a un égo démesuré. Et le meilleur moyen de déstabiliser ce genre de personne, c’est de se moquer d’eux en les ignorants.

    Et il se trompait. Au sommet du canapé de velours surgissait une crinière de cheveux bruns, sublimes. Catalina. Craignant un piège, il regarda tout autour de lui et fit un rapide état des lieux. Tout avait l’air normal, principe même du piège. Un détail, tout de même. Un journal balancé dans un coin de la pièce, au milieu du bordel organisé qu’il aurait bien aimé avoir le temps de ranger pour de bon. Si seulement les batailles lui laissaient un peu le temps de respirer… En tout cas, ce détail était bien signe de la jeune femme. Il but une gorgée de la canette qu’il tenait toujours dans les mains et s’approcha.

    Catalina… Ces cheveux soyeux qu’il avait si souvent caressés dans le calme plaisant de leur intimité. Catalina… La seule femme qui avait su lui tenir tête et calmer un peu son cœur à vif, avide de revanche. La seule femme qui lui plaisait encore à ce jour, alors que les années passant, son désir de changer de femme comme de chemise se tassait sous une volonté de paix salvatrice. En son combat contre l’Inquisition, il avait trouvé chaussure à son pied. Un moyen d’être utile, d’être au centre de l’attention, de vivre au cœur de l’action en défendant une cause juste. Mais sa vie en avait drôlement pâti. Il avait du abandonner sa vie privée pour ne vivre que pour l’action et pour l’Ellipsis. Elle avait su lui donner une partie de ce qu’il cherchait tant. Depuis maintenant plus d’un an qu’ils étaient ensemble, il avait pu un peu stabiliser sa vie bouillonnante d’activité. Mais rien n’était encore gagné, alors qu’aucun endroit n’était sûr, qu’il devait sans cesse se méfier de tout et de tous, et vivre sans fin dans ce climat de peur qui est le lot quotidien des Tyraliens, depuis qu’Osnel a inventé l’Inquisition.

    Heureusement, ce démon avait aujourd’hui disparu, mais Ponak avait prit sa suite dans main de fer. Febay ferait un jour tomber ce salaud de son trône doré de ses propres mains, et tout son édifice croulerait sous son propre poids. Il l’avait certes aidé contre Anderson, mais il n’approuvait pas pour autant ses pensées, et ne souhaitait aujourd’hui que sa mort et celle de son œuvre.

    Febay glissa une main glacée dans le cou de Catalina, qu’il sentit frissonner à son contact. Il l’embrassa longuement, l’allongeant contre le canapé pour mieux sentir son corps contre le sien. Il avait besoin de réconfort, il avait besoin d’elle. Leurs langues se mêlèrent dans une joyeuse valse alors que leurs mains se caressaient sans cesse. Enfin, il se séparèrent et se regardèrent un moment dans les yeux, ravis d’être là, ensembles.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Catalina Opilion le 03.05.10 22:44

    Tyral était certainement la ville la plus dangereuse au monde. Outre l'insécurité qui régnait dans les rues et ne dérangeait pas franchement les Inquisiteurs, il fallait compter avec les disparitions et autres enlèvements perpétrés par l'Inquisition et sur lesquels ils s'essayaient à de sordides expériences. Avant de rencontrer Febay, la jeune femme était convaincue qu'ils n'étaient tous que des monstres. L'idée que l'on puisse faire des expérimentations sur d'autres humains l'horrifiait, elle qui était déjà obstinément opposée à ce genre de choses perpétrées sur des animaux comme les lapins ou les rats. Et que pouvaient être les êtres en ressortant sinon des monstruosités ? Et puis il avait débarqué à grands fracas dans sa vie. Bien sur, elle l'avait haï. Il n'était qu'un produit de laboratoire, une ignominie. Il était un Harkonen. Pourtant elle s'était sentie irrésistiblement attirée, une attirance contre laquelle elle ne pouvait pas lutter. Elle qui était accoutumée à choisir ses partenaires, à n'en faire qu'à sa tête, voilà qu'elle avait eu petit à petit de plus en plus besoin de lui, de sa présence. Jusqu'à repousser les autres hommes qu'elle voyait jusque là. Il leur avait fallut du temps pour savoir ce que d'autres comprenaient instinctivement dès les premières minutes mais il était aujourd'hui clair qu'elle l'aimait. Ce combat qu'elle menait c'était pour lui désormais. Avec lui.

    Une porte qui se ferme. Méfiant il était passé par derrière, passage que personne à part elle ne connaissait. Une main gelée dans son cou. La jeune femme frissonna, se laissant embrasser. Nulle part ailleurs elle ne se permettait d'être si parfaitement elle même. Lui seul savait faire ressortir la femme derrière la combattante. Bien sur, elle le demeurait mais c'était bien plus par nécessité que par plaisir. Si un Dieu existait réellement, il était probablement le seul à savoir à quel point elle était lassée de cette vie qu'elle n'avait choisie que par dépit et sans savoir totalement à quoi s'attendre. Et aujourd'hui... Aujourd'hui elle voulait croire qu'elle pouvait vivre à nouveau. Vivre sa propre vie, pas un dérivé de celle de son cousin. Vivre une vie qui lui correspondrait. Et pourquoi pas loin d'ici ? Loin de toutes ces horreurs ? De toute façon l'île était vouée à la destruction si les menaces latentes s'avéraient fondées. Pour que puissante que soit la mégalopole, elle ne pourrait pas résister à la force de frappe alliée des puissances occidentales. Sans compter que l'arme nucléaire pourrait tout réduire en cendres sans préavis. C'était à cela qu'elle pensait alors que, saisie une fois de plus par une vague de cet amour qu'elle avait eu tant de mal à accepter, elle se laissait aller à ses baisers, ses caresses, répondant presque machinalement.

    Néanmoins, lorsqu'il lui accorda une trêve, les yeux de la jeune femme brillaient. Elle était heureuse d'être avec lui, heureuse de s'imaginer que, peut-être, cet avenir ensemble qu'elle venait fugacement d'entrevoir pouvait devenir réalité. Enfin ce monde anormal qu'elle détestait pourrait s'achever derrière elle, elle prendrait un nouveau départ... Ils prendraient un nouveau départ. Ensemble. Elle caressa la joue mal rasée au dessus d'elle, un sourire aux lèvres. Peut-être était-ce bien la solution.

      - Febay...


    Elle s'interrompit. Comment lui expliquer, comment le convaincre ? Jamais il n'accepterait de quitter Tyral. Il y avait des amis. Alors qu'elle même ne s'était que peu liée aux autres, les femmes la jalousant, les hommes ne sachant pas comment réagir face à elle. Il était trop engagé dans cette lutte sans merci. Dans cette lutte sans issue. Sans avenir. Si l'Inquisition tombait pour de bon, ce serait l'anarchie. Les tyraliens, libérés, n'accepteraient pas que ces gens pas comme eux prennent le pouvoir, d'autant que les Ellipsis, luttant dans la rue, causaient autant de morts que les Cerbers. Et quand bien même ils s'imposeraient, Febay, dans ce qu'il imaginait, serait au premier plan des libérateurs et donc à la tête de responsabilités non-négligeables et empêchant cet avenir à construire ensemble qu'elle même appelait de ses voeux. Elle rouvrit la bouche. La referma. Le moment n'était peut-être pas venu de le lui proposer. Refusant qu'il ne lise le trouble dont elle était l'objet dans ces yeux qui étaient pour lui un miroir de ce qu'elle pensait sans qu'elle parvint à le contrôler, elle les ferma doucement, revenant à ses lèvres avec une infinie douceur.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 04.05.10 14:44

    Febay se remit avec Catalina dans une position plus confortable pour deux personnes dans un seul canapé. Il sentait une légère raideur dans le comportement pourtant aisé et joyeux de sa compagne. Elle qui paraissait toujours si sûre d’elle avait dans les yeux une lueur d’hésitation, un rien de questionnement.

    Et ceci suffit à faire se questionner Febay. Qu’avait-elle ? Etaient-ils tout les deux en période de doutes quand à leur avenir plus qu’incertain ? Febay fixa un instant son regard dans le sien. Ses yeux étaient magnifiques, sublimes. Il ne pouvait imaginer femme plus belle et plus forte que Catalina. Pourtant, ses bases de béton semblaient s’écrouler derrière une peur plus grande. Qu’est-ce qui avait bien pu changer à ce point le comportement de la jeune femme ? Certes, un tel doute était infinitésimal, mais pour elle, c’était énorme.

    Lui non plus n’était pas en forme, mais sa force provenait de son indécrottable croyance en sa cause, à ses idées de vengeance, à sa volonté de vaincre et d’être utile aux hommes, pas de la manière des Inquisiteurs, qu’ils trouvait simplement abjecte, mais en débarrassant Tyral de cette engeance infâme. Elle… Febay n’était pas bien sûr du « pourquoi » elle avait décidé de se battre. Il était probable au début qu’elle avait voulu aider son frère, c’est ce que disaient en tout cas les légendes urbaines… Mais aujourd’hui, il semblait qu’elle avait vraiment accroché à la cause de Febay, bien plus qu’à celle de son frère… Il restait néanmoins des séquelles du passage chez les Défenseurs, et il arrivait parfois qu’elle s’attaque aux Ellipsis malgré tout, mais ce genre de choses était tout de même de plus en plus rares.

    Febay se pencha vers elle et l’embrassa à nouveau, laissant courir la chaleur de leurs bouches à travers leurs langues entremêlées. Il se décida enfin à l’interroger.


    « Dis moi, il y a quelque chose qui ne va pas ? »

    Il resta là, après ces quelques mots, à la contempler en attendant sa réponse.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Catalina Opilion le 04.05.10 21:55

    La jeune femme se laissa guider par son aimé jusqu'à un position assise. Repliant une jambe sous ses fesses, elle le regarda tandis qu'il en faisait autant. A la façon dont il la scrutait, elle savait que c'était trop tard, qu'il avait déjà remarqué ce trouble insidieux qui l'envahissait. Enfin le terme d'invasion était probablement exagéré mais pour elle qui n'avait jamais connu le moindre doute sur ce qu'elle voulait faire, à défaut de savoir ce qu'elle devait faire, ce soudain questionnement intérieur était nouveau. D'une manière ou d'une autre elle savait que sa vie allait basculer. C'était aujourd'hui inévitable. Restait à savoir de quelle façon elle gèrerait ce bouleversement. A 27 ans elle ressentait de plus en plus impérieusement ce désir de se poser, de cesser cette guerre sans fin. Tenter de fédérer un groupe d'hommes en perpétuelle rébellion contre le système, contre les opposants au système et contre eux-mêmes la fatiguait. La fatiguait d'autant plus qu'avec Febay, elle avait découvert une cause bien proche de celle qu'elle défendait jusque là, plus sensée et plus compréhensible.

    Il l'embrassa, avec douceur, comme pour la rassurer. Sans doute en avait-elle besoin. Pour la première fois depuis qu'elle avait suivi Amosis à Tyral, elle doutait réellement. D'elle. D'eux. De leur avenir. Elle se laissa aller à son baiser, repoussant le moment de lui répondre. Que lui dire ? Qu'elle refusait de continuer ainsi ? Quitte à le laisser derrière elle ? Pour son bien ? Lui demander d'abandonner cette lutte qu'il poursuivait avec acharnement depuis des années, qui était devenue sa raison de vivre ? Le pouvait-elle vraiment ? Elle biaisa, répondant à sa question par une autre.


      - Tu n'as pas non plus l'air particulièrement en forme.


    C'était un fait. Évident. Elle le lisait en lui. Pourquoi ? Probablement une nouvelle hécatombe qui l'affectait tant alors qu'elle-même restait de glace. Cette ville était une jungle. La loi du plus fort y primait sur tout le reste. Tous ceux et celles qui vivaient là le savaient. Peut-être aussi cette insensibilité était-elle liée au fait qu'elle n'avait jamais noué de liens particulièrement forts avec qui que ce soit ici. Le regard de glace de l'Ellipsis demeurait braqué sur elle. Elle le connaissait. Il attendait, sans un mot. Elle savait qu'il ne dirait rien de plus tant qu'elle n'aurait pas répondu à sa question. Avec un soupir, elle lâcha ce qu'il voulait savoir sans toutefois tout dire.

      - Tu t'es déjà demandé si on avait un avenir ensemble ? Je veux dire tu as l'intention de continuer, comme ça, jusqu'à ce qu'un cerber un peu trop malin pour toi t'achève ? Et quand bien même on mettrait fin à cette foutue Inquisition et à ses agissements, tu feras quoi après ?
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 04.05.10 22:50

    Catalina lui posa des question qu'il préférait généralement ne pas se poser. Ce genre de question qu'on se pose quand on déprime, quand on est mal... Elle se demandait certainement s'il ne valait pas mieux pour eux s'éloigner, vivre tranquillement posé dans un coin du monde... Mais à ces questions il se répondait toujours les mêmes réponses, qu'il lui énonça à voix haute.

    " Je me le suis souvent demandé. Cela faisait des années que je me bas pour Tyral, et que je gagne, d'ailleurs. Mais je vieillit et je sais qu'il ne pourra pas toujours en être ainsi. Mais je continuerais à me battre jusqu'à ma mort, quoi qu'il arrive. Je ne suis pas né sur cette terre pour vivre ma petite vie tranquille loin de tout, et mourir sans laisser une seule trace, nul part, qu'un enfant qui ne vivrait que pour vivre une autre petite vie tranquille, et ainsi de suite. J'ai toujours refusé d'être inutile. Quand j'ai touché énormément d'argent, alors que je vivais à New York et que j'avais à peine la vingtaine, je ne suis pas allé me reposer en maison de retraité, mais je suis venu à Tyral, pour vivre. Et aujourd'hui que j'ai trouvé la voie qui me correspond, je ne risque pas d'en changer. "

    D'un geste il lui caressa la joue, puis regarda un instant à l'extérieur avant de continuer. Il sentait son sang bouillir. Malgré la détresse qu'il avait ressentit quelques heures auparavant, libérer ces pensées lui redonnait confiance en lui, lui permettait de se lâcher, de reprendre des forces...

    " Les conditions de notre vie, de nos combat, sont certainement les plus rudes que l'on puisse s'imposer par notre volonté, mais le combat en vaut la chandelle. Le jour de ma mort, je veux savoir que j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour améliorer les conditions de vie de l'homme, que ce soit même contre son gré, et que je n'ai pas été inutile, que j'ai apporté mon aide au changement, vers un destin meilleur. Pour moi, c'est tout ce qui compte. Vivre tranquillement aveugle dans un coin perdu au milieu de nul part, au crochet de la société, en déséquilibrant un peu plus l'équilibre de la planète par ma simple existence passive, c'est pas pour moi. Je veux faire les choses, et non les regarder. Point. "

    Il se rendit compte que le volume de sa voix était allé croissant au fur et à mesure qu'il parlait. Il baissa donc d'un ton avant de poursuivre.

    " Bien sûr, à côté de ça, je cherche à me rendre la vie la meilleure possible, comme tout un chacun, je e fais des amis, je déconne, je bois, je vis. Et puis je t'ai, toi. Et quoi que je puisse laisser paraître, ça me fait du bien de te savoir à mes côtés, d'avoir quelqu'un dont la vie est liée à la mienne, qui partage mes pensées, mes envies, mes doutes et mes objectifs... "

    Il l'embrassa longuement, comme pour approuver ses dires par quelque chose de plus concret.

    " Quand à l'avenir, si nous parvenons un jour à vaincre, je continuerais à aider par un autre moyen, même si je ne sais pas lequel... Je n'ai jamais été fait pour l'administration, les micros et les discours aux médias. Mais c'est sûr qu'on trouvera forcément un endroit ou être utile, et à cette place, j'y serais. "

    Sa gorge étant un peu sèche, il se pencha vers la table basse en verre pour prendre son Orangina, en attendant sa réponse...
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Catalina Opilion le 04.05.10 23:43

    Elle sentit sa gorge se serrer au fil de son discours enflammé. Elle savait certes à quel point ce combat était important à ses yeux mais elle n'en avait jamais mesuré la force, la passion. Une passion qui lui faisait peur. Elle aussi, elle s'était refusée à une petite vie tranquille, ne voulant pas se contenter de ce train-train quotidien qui était le lot de plus de 59 millions d'habitants de cette foutue planète. Elle avait suivi Amosis, estimant qu'un combat comme celui qu'il s'apprêtait à embrasser valait bien mieux que la normalité. Mais les années avaient passées. Elle avait muri, s'était assagie. Chaque jour, l'Inquisition faisait de nouvelles victimes, créait de nouveaux Cerbers, toujours plus réussis, toujours plus forts, toujours plus nombreux, toujours plus incorruptibles... Et surtout toujours aussi jeunes. Alors qu'eux-mêmes approchaient de la trentaine, leurs réflexes, leurs forces étaient absolument, parfaitement intacts. Mais qu'en serait-il dans cinq ans ? Dans dix ans ? Avant de le connaitre, de s'attacher à lui, elle était sure de ce qu'elle voulait. Plus maintenant. Bien sur, ses idéaux de justice étaient toujours présents, mais elle ne voulait pas passer sa vie à s'épuiser dans un combat inutile.
    Et qu'ils perdaient petit à petit. Quoi qu'en dise Febay, la situation avait rarement été aussi critique. Les Défenseurs étaient plus dispersés que jamais, n'acceptant plus aucune autorité. Les Ellispsis voyaient chaque jours leurs rangs se creuser sans parvenir à rallier suffisamment de Cerbers à leur cause, l'Inquisition ayant augmenté son contrôle sur ses cobayes pour lutter contre leurs défections. Idéaliste qu'il était de croire encore en l'homme, en la capacité d'un seul à changer le monde...

    Ce discours enflammé... En d'autres temps, elle en aurait rit, l'aurait embrassé en le traitant de grand fou. Mais pas aujourd'hui. Elle le sentait s'échauffer au fur et à mesure qu'il parlait, comme s'il essayait de se convaincre lui même. Que pouvait-elle ajouter ? Il l'embrassa à nouveau. Elle se laissa faire sans un mot, attendant qu'il ait terminé de dire tout ce qu'il avait sur le coeur, ponctuant sa longue tirade d'une rasade d'Orangina. Elle laissa passer quelques instants. Lui ôta la canette des mains pour en prendre également une gorgée avant de la reposer. Il n'y avait rien à d'autre à dire. Cette cause pour laquelle il se battait avec tant d'acharnement n'était pas la sienne. N'avait jamais été sienne. Elle l'avait rejointe pour soutenir et protéger Amosis, chose qu'elle avait plus ou moins bien réussie jusque là. Avec le perfectionnisme qui était sien, elle s'était appliquée à atteindre le but qu'elle s'était fixée. Contrairement à Febay qui prenait une sorte de revanche contre ceux-là même qui l'avaient transformé et l'avaient asservi, elle n'avait aucune raison de poursuivre son combat, si ce n'est en vertu de sa détestation de leurs actes.

    Elle se leva lentement, lui tournant le dos, les bras serrés sur sa poitrine, le dos presque vouté. Ce n'était pas de cette vie là qu'elle voulait pour les années à venir. L'incertitude permanente, le danger omniprésent, les affrontements perpétuels... Voir celui qu'elle aimait, traqué comme un terroriste parce qu'il rêvait d'un monde meilleur, devoir tuer sans cesse pour assurer sa survie et celle de ses deux hommes...


      - Je sais à quel point ce combat est important pour toi. Je sais ce qu'ils t'ont fait. Mais à quoi bon ? Cette foutue guerre ne prendra fin que par l'éradication totale de tous les opposants à l'Inquisition. Quoi que tu en dises, nous perdons du terrain petit à petit. Un jour viendra où toi, moi, nous ne pourrons plus lutter face à eux. Leurs troupes se renouvellent constamment ce qui n'est pas le cas des nôtres. Tu n'en as pas marre de passer ton temps à devoir survivre, de frôler chaque jour la mort, de devoir te méfier de tout et de tous, même dans ton sommeil, des fois qu'une dénonciation, un piège te propulse droit dans leurs filets ? Je suis fatiguée Febay. Je ne voulais pas d'une vie comme les autres mais celle là ne me convient plus. Lutter pour une cause perdue, s'attendre à chaque instant à voir sa dernière heure arriver... Quelle mère ne souhaiterait pas mieux pour son enfant...?


    Sa voix mourut sur les derniers mots. Une unique larme apparut au coin de sa paupière, vite essuyée par un geste rageur. Depuis combien d'années n'avait-elle pas senti une telle faiblesse l'envahir ? Probablement depuis le jour où elle avait appris la malédiction d'Amosis et assisté à ses désespérées tentatives d'en finir dignement avec la vie. Et même alors, elle n'avait pas douté de la justesse de son combat, convaincue qu'il était de son devoir d'aider à l'écroulement du règne tyrannique de ces savants aliénés et leurs créations dégénérées. Aujourd'hui, si. Aujourd'hui, elle doutait. Aujourd'hui, et pour la première fois depuis des années, Catalina avait peur.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 05.05.10 23:13

    Febay la regardait. Durant tout son discours, il s’apprêtait à lui rétorquer qu’elle avait tort, que quoi qu’elle en dise, les Ellipsis avaient maintes fois mis les Cerbers à rude épreuve, qu’ils avaient plusieurs fois manqué de lui asséner des coups fatals, et à défaut leur avait fait très mal. L’opinion publique, au fil de leurs combats, changeait peu à peu en leur faveur. Beaucoup de gens se rendaient compte qu’ils étaient trompés, se révoltaient, et une réaction en chaine se mettait en place, de bouche à oreille, de voisins à voisins… Il était clair que si les Ellipsis se faisaient de moins en moins nombreux au fil des pertes, les Vollipsis, eux, qui étaient le nerf de la guerre, devenaient de plus en plus nombreux. Et même ceux qui ne se faisaient pas appeler Vollipsis mais qui comprenaient réellement la situation Tyralienne commençaient à les aider, à prendre contact avec eux via le titanesque réseau qu’ils avaient à travers l’île. Et ce réseau s’amplifiait, de jour en jour, grâce aux actions héroïques et aux victoires de quelques uns. Le réseau permettait peu à peu de mettre en place un parfait système de surveillance des Cerbers, dans chacun des quatre quartier-ville. Les Cerbers arrivaient de moins en moins à les surprendre, au fur et à mesure que les Ellipsis prenaient un réel contrôle de la ville, le contrôle du peuple. Ainsi, et ainsi seulement, pourrait avoir lieu la révolution. Et Febay était une de ces figures emblématiques des Ellipsis que l’on ne peut pas supprimer, une allégorie vivante de la victoire qui poussait chaque jour de nouveau Tyraliens à les rejoindre, sûr de leur force, de la victoire finale, grâce à eux.

    Mais aucun de ces mots ne sortit de sa bouche, et un unique silence fut la réponse à la tirade de Catalina. Si elle avait si peur aujourd’hui, si tant de doutes la tiraillaient, si tant de choses se reflétaient dans les yeux, c’était qu’elle portait un enfant.

    Elle avait un polichinelle dans le tiroir. Un bébé, un môme, un gosse. Et cette petite chose devait être de lui… Obligé, sinon elle ne l’aurait pas présenté de la sorte. Il allait avoir un enfant ? Son premier enfant… L’histoire avait fait qu’il n’en avait jamais eu d’autre, malgré le nombre de ses contacts, généralement par protection. Avec Catalina, ils avaient fini par oublier ce détail.

    Febay comprit subitement pourquoi elle doutait, et sa bouche se bloqua sur son étonnement muet, avant que son cerveau reprenne le contrôle de ses muscles. Il ne trouva d’autres mots que de la serrer dans ses bras, ni d’autres tirades qu’un long câlin amoureux.

    Ils restèrent là, longtemps enlacés, sans qu’aucun mot ne puisse rompre le silence d’or de cet aveu des plus tendres…
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Catalina Opilion le 06.05.10 17:52

    Aucun futur parent n'est à l'abri des craintes. Mais il y a un monde entre s'apprêter bien tranquillement à l'arrivée du nouveau-venu, partagé entre congratulations, poses de congés parentaux, sans autres inquiétudes que la santé de l'enfant et le prénom qui lui serait attribué et s'efforcer chaque jour de survivre, dans des conditions difficiles, ne sachant jamais si l'on verra le jour se lever le lendemain dans un univers hostile à toute personne trop faible. Et qu'y a-t-il de plus vulnérable qu'un bébé ? C'était pour ce petit être grandissant en elle que la jeune femme s'inquiétait. Pas pour la sienne. C'était pour cet enfant, certes imprévu mais qu'elle désirait néanmoins de toute son âme depuis longtemps et plus encore depuis qu'elle avait eut l'assurance de son existence, qu'elle était prête à quitter Tyral, en dépit de son perfectionnisme et de son rejet profond des actions de l'Inquisition. Malgré ce qu'elle ne disait, elle croyait toujours en cette cause. Les abominations perpétrées par ces savants fous étaient à elles seules une raison de continuer la lutte. Mais avec un bébé à charge ? Outre l'incapacité la plus totale à s'occuper correctement d'un enfant en bas âge dans cette ville - elle ne se souvenait que trop de la mère "idéale" que représentait Alicia -, elle refusait d'imaginer que l'Inquisition puisse en faire un moyen de pression. Mais il y avait long temps qu'elle n'avait plus la moindre illusion les concernant. S'ils pouvaient faire se rendre l'un des Ellipsis les plus emblématiques par un chantage odieux, ils n'hésiteraient pas.
    Elle ne voulait pas que le fruit de leur amour devienne une monnaie d'échange.

    Toutes ces questions se retournaient sans cesse dans son crâne, ronde folle et répétitive, depuis ce doute qui l'avait étreinte une semaine auparavant. Et ce matin, le verdict était tombé. Jamais elle ne s'était sentie aussi partagée, aussi tiraillée entre deux désirs contraires, déchirée entre joie et peur. Parce que quelque chose en elle lui hurlait que c'était de l'inconscience de garder cet enfant dans un environnement aussi hostile. Parce qu'une autre part de sa conscience lui soufflait insidieusement qu'elle ne supporterait jamais une vie bien ordonnée et bien plate loin de Febay et Amosis. Depuis le matin, elle oscillait entre moments de bonheur intenses et phases d'inquiétude croissante.

    Debout, lui tournant le dos, elle ne pouvait pas voir le visage de l'Ellipsis. Elle l'avait senti tout prêt à répliquer jusqu'à ce qu'elle lâche ses derniers mots. Un long silence s'était installé dans la pièce. Il se leva, lentement et se dirigea vers elle, venant refermer autour d'elle son étreinte protectrice. Veillant à ne pas en sortir, elle tourna sur elle-même, glissant ses bras autour de sa taille, observant ce visage qu'elle aimait tant. Un bref instant elle se demanda si le bébé lui ressemblerait ou s'il prendrait de son père. Car l'identité du géniteur ne faisait aucun doute pour la belle. Il y avait déjà plusieurs mois qu'elle avait arrêté toutes relations avec d'autres que lui. Et d'autre part, il était le seul dont elle ait été suffisamment éprise pour faire abstraction de la plus élémentaire prudence. Lentement, doucement, elle vint effleurer de ses lèvres celles de son aimé, toujours silencieux. Un silence qui l'aurait inquiétée si dans ses yeux ne s'était pas reflété la plus grande douceur.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 07.05.10 20:43

    Un million de choses auraient pu le tuer ou le blesser. Un autre million aurait pu le déstabiliser sans aucun souci. Encore un million auraient pu l’anéantir… Mais une seule chose aurait été capable de lui faire cet effet là. Et c’était cette chose qui venait de se produire.

    Il ne savait que penser. D’un côté, avoir un enfant était le plus beau cadeau qu’il aurait pu espérer en ce moment. De l’autre, il ne savait pas ce qu’ils en feraient. Ce n’était pas le moment d’avoir un enfant, pas du tout. En fait, dans l’optique qu’il avait de sa vie, ce n’aurait jamais été le moment. Il n’avait pas du tout prévu cette éventualité dans le cycle de sa vie. Son œuvre n’avait pas de place pour un enfant.

    Et pourtant, elle devrait très certainement en avoir une. Malheureusement, comme il l’avait dit précédemment, son œuvre passait avant sa vie même. Il ne pouvait se permettre de cesser son combat pour vivre, car sa vie était son combat, et l’arrêter serait donc signer sa mort.

    Mais il accepterait ce gamin, comme fruit de leur amour, comme objet de leur passion, et comme avenir de leur combat. Il lui enseignerait le monde, lui montrerait la vie. D’abord, il le protègerait de la guerre, puis, alors que l’enfant plus âgé serait contraint de la fréquenter, il lui apprendrait à la connaître, à la comprendre. Même si ce n’était pas un avenir pour un enfant à naître, pas une vie ni un Destin pour quiconque, ce devrait être le sien, par la concordance de toutes les lignes de probabilité qui conduisait à sa création.


      « Je sais que tu voudrais partir avec lui, pour le protéger, pour le sauver de cet avenir qui l’attend. Mais notre place est ici, à Tyral. C’est ici qu’est notre combat, et c’est ici que sera le sien. Il le faut. Mais crois moi, il aura une vie bien plus belle que tout ce que des parents pourraient rêver pour leur enfant, je t’en fais la promesse, le monde du-t-il se plier à la naissance de mon enfant. »


    Sur ces quelques mots entre refus et réconfort, il embrassa encore une fois Catalina, qu’il serrait toujours dans ses bras.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Catalina Opilion le 10.05.10 22:31

    Catalina resta silencieuse. Si l'amour de deux parents suffit à parer une enfance de toutes les couleurs du bonheur, celui qui naitrait de leur amour aurait la plus belle vie qui soit. Mais combien de temps faudrait-il pour que l'Inquisition n'ôte à ce bébé son père ou sa mère ? Combien de temps faudrait-il pour qu'il ne finisse comme monnaie d'échange ? Nul doute que Ponak et ses sbires n'auraient aucun remords à agir de la sorte. A plus forte raison pour amener à se soumettre l'un des Ellipsis phares de la rébellion. Et elle n'était pas non plus à l'abri d'une arrestation, en farouche opposante à leurs actions qu'elle était, Défenseuse de renom qui plus est. Les risques étaient certes moins grands que ceux encourus par Febay. Pour le moment l'un et l'autre demeuraient insaisissables mais qu'en serait-il dans huit mois, alors qu'enceinte jusqu'au cou elle se devrait de se ménager plus encore pour l'enfant à naître, aucun combat, aucun exercice de haute voltige n'étant toléré en cet état. Plus d'une fois elle n'avait sauvé sa vie - ou à défaut sa liberté - qu'au terme de périlleuses acrobaties l'ayant placée hors d'atteinte. Parviendrait-elle seulement à porter cet enfant à terme dans cette lutte de tous les instants ?

    La seule perspective de ne pas être seule la réconfortait. Certes elle ne pourrait être aidée à le porter mais Febay serait là. Amosis aussi. Peut-être. Restait à savoir comment ce malade épris de mort accueillerait le fait que sa cousine porte la vie en elle. Mais dans quelle mesure seraient-ils capables d'assumer ce rôle de parents qui leur incombait soudainement en protégeant, élevant et aimant ce petit être au milieu d'une guerre sans merci à laquelle eux-mêmes prenaient part de manière importante et active. Machinalement, elle laissa sa main venir s'égarer sur ce ventre qui d'ici peu s'arrondirait, prenant une ampleur significative.

    Ses lèvres vinrent chercher celles de l'Ellipsis, s'efforçant d'y trouver un peu de réconfort, un peu d'assurance, baiser plus amoureux que passionné alors même qu'en ce moment précis un peu d'eux deux prenaient forme au fond de ce corps qu'elle lui avait si totalement offert. Rien n'aurait réellement pu éloigner les inquiétudes qui la tarauderaient désormais mais la confiance totale que Febay mettait dans son assurance de tout faire pour assurer le meilleur à cet enfant apaisait quelque peu son coeur nouvellement étreint d'angoisses. Oui. Malgré des conditions de vie peu communes, ils veilleraient celui qui représentait leur avenir, l'avenir de Tyral. Il serait leur nouvelle raison de vivre et de se battre pour un monde meilleur.
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Re: The circle of Life... [Terminé]

Message  Febay Karston le 11.05.10 21:12

Topic Terminé Wink
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