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Message  Léane Ashdown le 06.05.10 22:05



      Bouche pâteuse
      Paupières lourdes
      Mal de crâne intense


    La jeune femme entrouvrit les yeux. Les referma, éblouie par la blancheur environnante ajoutant encore à la douleur lancinante émanant de sa tête. Elle laissa passer quelques minutes avant de refaire un essai, laissant ses iris s'habituer lentement à la luminosité. Au travers du voile obscurcissant sa vision elle distinguait un plafond blanc, des murs tout aussi blancs semblant capitonnés, pièce étroite avec pour tout ameublement un lit entouré de nombreux appareils qu'en d'autres temps elle eut reconnu. Un emmêlement de câbles l'enveloppait, dont plusieurs s'enfonçaient dans le creux de ses coudes plus un tube lui obstruant la gorge. Tous ses muscles lui semblaient mous, comme sans vie. La main qu'elle essaya de soulever lui sembla horriblement lourde et retomba mollement sur le matelas.

      Incompréhension
      Panique
      Flou

    Elle ne comprenait pas. Ce corps qui résistait à sa volonté, ce flou dans son esprit. Des images à peine discernables flottaient en lisière de sa conscience sans qu'elle parvienne à les retenir. A nouveau elle tenta de faire réagir l'un de ses membres récalcitrants mais sans succès. De vagues voix lui soufflaient que le mieux à faire était d'attendre, de laisser à son corps le temps de se reprendre. Elle n'aurait su dire d'où lui venait cette certitude. Elle savait que c'était le mieux à faire. C'est tout. Peu à peu, elle sentit le contrôle lui revenir en partie, jusqu'à parvenir ce tube des plus gênants. Elle s'apprêtait à en faire autant des trop nombreuses aiguilles irritant sa peau mais une fois encore, il lui apparut comme une évidence que ce n'était pas une chose à faire. Alors qu'elle déchiffrait à grand peine les inscriptions des poches plastiques, quelques noms lui évoquait quelque chose de lointain, ces produits s'associant à une idée de sauvetage après une mort frôlée. Avait-elle manqué de mourir ?
    Nauséeuse de ce malheureux effort de lecture, elle referma les paupières, préférant de loin leur obscurité. Au niveau de son cerveau embrouillé, rien de revenait. Mis à part ces quelques éclairs de savoir qui l'avaient traversée, elle ignorait jusqu'à l'endroit où elle se trouvait, jusqu'à la raison de sa présence en ce lieu. Elle savait seulement que sa soeur n'était pas à ses cotés. Et qu'en arrière plan de son esprit s'inscrivait un mot en lettre de feu : Obéissance.
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Message  Enaëlle Ashdown le 06.05.10 22:57

En un sursaut, elle se réveilla. On lui arracha quelque chose , du moins c'est ce qu' Enaëlle pensa en sentant cet élancement atroce dans la gorge. Un bruit de porte. Plus personne.
Ses yeux endormis parcourraient la chambre d'un blanc immaculé aux murs capitonnés. Elle retira le bandeau de son crâne, mais rien : aucune marque, aucune cicatrice, aucune séquelle apparente. Seule une douleur écrasante grandissait dans son crâne brûlant. Ce n'était pas un de ces maux de tête qui vient se loger après une rude journée. Non. C'était quelque chose de plus intense, de plus oppressant et de plus pénétrant.


La pièce éblouissante, son état entièrement amorphe et sa douleur inaltérable renforçaient le sentiment d'incompréhension qui paralysait tout son être. La vaine tentative d'Eny pour se lever lui donna comme un coup de poignard dans le coeur. Maintenant à terre, son état légumineux l'empêchait de se relever et encore moins d'atteindre l'interphone situé à gauche de la porte.

[...]





Elle n'avait pas peur, elle était énervée par la désobéissance de son corps et par l'ignorance de l'état de sa soeur. Lorsqu'elle voulut appeler de l'aide, un son si inaudible et si faible sortit de sa bouche, qu'elle pleura de rage de ne plus rien maîtriser. Ses larmes lui brûlèrent si vigoureusement les yeux qu'elle cessa immédiatement de pleurer, ... avant de vomir, à même le sol, une mixture d'apparence, de texture et de couleur indescriptibles. Ce devait être le contre coup d'une anesthésie, de médicaments et de nombreuses perfusions dont le souvenir se lisait sur ses bras. Oui, c'est cela, elle devait être à l'hopitâl. Elle devait avoir eu un accident, enfin elle ne sait plus trop, elle ne se souvient de rien.

Une dernière perfusion de morphine, plongée dans son bras gauche, la démangeait.

Crier : Impossible,
Marcher : Impossible,
Atteindre l'interphone : Impossible,
Penser rationnellement : Impossible,
Se souvenir : Impossible,
Comprendre : Impossible,
Que l'on vienne l'aider : ... Possible!
Elle arracha d'un geste si maladroit et si incontrôlable sa dernière perfusion qu'un jet de sang sorti de la blessure béante qu'elle venait de se provoquer.

Quelqu'un allait bien venir l'aider, on allait pas la laisser se vider de son sang.
Et puis elle ressentait qu'elle était promise à faire de plus grandes choses, ...






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Message  Rusty Daniel Livingstone le 09.05.10 12:57

"Opération B76, tentative omicron, prise numéro 8..."

Pourtant d'apparence forte et stoïque, Rusty appréhendait. Cela se trahissait lorsque sa voie rauque se voyait secouée par des roulements intempestifs au fond de sa gorge. De plus, faire galoper ses doigts recouvert d'un gant de verre sur la seringue hamilton qu'il maintenait que légèrement était signe d'un stress révélateur de la complexité de l'opération. En outre, Rusty, trop peu fervent de cette pratique, n'avait que très peu pratiqué sur des êtres humains, et qui plus est deux sœurs d'une remarquable beauté. Rusty n'aurait peut-être pas la chance de voir cette beauté soulignée par un sourire sincère, et il le savait.

Il se tourna lentement vers l'objectif de la caméra, et se mit à parler, plus à lui-même qu'à un éventuel spectateur, comme s'il étalait une réflexion inachevée.


"L'objectif de cette opération est de mettre en œuvre un dual-corps, soit la possibilité pour un même esprit d'utiliser l'un ou l'autre des corps auxquels il est relié. Les précédentes tentatives ont toutes échoués... après constat de divers symptômes, allant de la sénescence des neurones à la déstructuration membranaire au niveau de la moelle épinière... entrainant tous la mort du patient... La tentative omicron est toute aussi dangereuse, si ce n'est plus. La moindre erreur de calcul pourrait faire exploser ce batiment, mais aussi celui trois rues derrière..."

Rusty écarta les bras, le cadre de la caméra s'élargit, révélant la présence de deux tables d'opération. À une trentaine de centimètre sous chacune de ses mains reposait un visage, et de la même manière que ses mains, les visages étaient identiques.

"Il y a de cela moins d'une dizaine d'année, des hommes ont immergé pas moins de 900 photo-détecteurs au fond de la Méditerranée, en Europe, tous relié sous forme d'un réseau nommé Antarès. Le principe de ce télescope sous-marin est d'observer les phénomènes les plus violents de l'Univers, en émettant des particules de très haute énergie appelé neutrino. Ces neutrinos présentent l'avantage de n'interagir que très peu avec la matière, et pas du tout avec les champs magnétiques. D'après les recherches européenne sur ce phénomène, il faut toute l'épaisseur de la Terre pour que certains d'entre eux soient capturés par un atome de matière et par conséquent émettre une autre particule appelée muon. Le muon possède une vitesse très proche de celle de la lumière dans le vide, et de ce fait, dans l'eau, les muons sont plus rapides que la lumière. À partir de là, les scientifiques reconstruisent la trajectoire du muon pour connaitre celle du neutrino et ainsi déceler le point de d'origine de cette particule. Cette source d'information sur l'Univers est plus fiable que la lumière émises par les astres car celle-ci peut être absorbé par les obstacles, ce qui n'est pas le cas des neutrinos."

Quatre assistants entrèrent dans la pièce. Les deux premiers décalèrent les tables d'opération, de sorte qu'exactement 20 mètres les séparaient. Les deux autres faisaient rouler une succession de larges tuyaux métalliques, qu'ils intercalèrent juste antre les deux lits, à hauteur de la tête des patientes.

"J'ai l'intention d'exploiter ce phénomène à l'échelle de l'homme... Cette outil que vous pouvez désormais voir, conçu par mes soins, est une version réduite de l'accélérateur de particules. Le principe de la tentative omicron est de faire en sorte que le patient bêta capte le neutrino du patient alpha, et émette un muon que le patient alpha devra capter. Préalablement, des photo-détecteurs ont été implantés dans le patient alpha, et des fibres de carbure de silicium d'environ 12 micromètres, moins repérables que le fer contenu dans le sang, dans le patient bêta. D'aucuns pensent que la détection n'est possible qu'en interposant l'objet le plus massif à notre disposition: la Terre. Mais ce n'est pas mon avis, si l'on intensifie le flux tout en controlant l'espace de manœuvre des particules, il est possible de capter les neutrinos à moins de 20 mètres. Dès lors que cet échange sera rendu possible, il suffira de capturer, domestiquer et asservir les neutrinos échangés, pour ensuite concevoir des couloirs aériens directs reliant les photo-détecteurs du patient alpha à la matière concentré du patient bêta. Et la dernière étape, de loin la plus pragmatique de toutes, sera de fixer les potentiels d'action envoyés par le synapse de l'un des patients aux neutrinos afin qu'ils soient reçu par les nerfs de l'autre patient. Le mécanisme donnera l'impression aux patients que leur esprit change de corps, car les stimulus sensitifs du corps qu'ils contrôlent seront fixés aux muons et renvoyés aux cerveaux de celui qui le contrôle, et par stimuli sensitif, j'entends bien évidemment les images, les sons, les gouts, les odeurs, le toucher, tout ce qui vous assure que vous êtes dans le corps qui reçoit ces stimulus, alors qu'ils sont traduits par votre cerveau. Par ailleurs, ne traduisant plus les stimulus du corps d'origine, toute douleur infligée ne sera perçu qu'à l'arrêt de l'échange particulaire."

Les assistants finirent de mettre en place l'accélérateur de particules. Rusty vérifia les signes vitaux des patients, la stabilité des implants, le contenu et le débit des perfusions, mais plus encore, il s'assura que sa machine était en parfaite condition d'utilisation, car le décalage entrainerait la fameuse explosion citée précédemment, et l'armure de verre de Rusty ne suffirait pas à l'en protéger. Rare sont les inquisiteurs à prendre des risques pour leur propre vie quasiment autant que pour celle de leurs cobayes. Mais lui avait cette part de sensibilité qui luttait contre son désir de progrès.

Il se tourna brusquement vers la caméra et ajouta:


"Il est nécessaire de préciser que les deux patientes sont jumelles. La science n'a pas encore pu expliquer toutes les rumeurs à ce sujet, mais je m'efforce d'espérer que cela jouera en ma faveur au moment de créer les affinités entre les particules. Qu'on active le LHC !"

***

16 heures et des milliers de flash bleutés plus tard, Rusty, un sourire de soulagement sur le visage, envoya les patientes en salle de réveil. La tentative omicron avait réussit. L'utilisation du dual-corps ne dépendait plus que des jumelles désormais. L'Inquisition pouvait être fier.
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Haeg Ponak le 09.05.10 17:28






John K.
Cybride

Assis sur un banc d’observation, je regarde la scène. L’expérience va bientôt se dérouler. Encore un grand moment de la science, aurait dit ce Livingston. Moi, je ne vois que des humains en plein péché d’orgueil, qui pensent pouvoir recréer l’homme à l’image de leurs rêves. Les Intelligences Artificielles sont confiantes en cette modification, ou du moins c’est ce que laissent supposer les informations auxquelles j’ai accès.

Moi aussi, on m’a transformé, jadis. Un poète devenu l’outil des scientifiques, triste réalité… Ils ont simplement relié mon cerveau à leur réseau. Aujourd’hui, je ne suis plus ni un homme, ni une IA… Je suis un cybride. Une créature de chair et d’os dont les pensées évoluent à la fois en termes d’émotions et de statistiques. Une créature dont la moitié du cerveau gît dans un serveur de ce grand bâtiment… Une créature dont on ne sait que penser, dont tous se méfient, qu’ils soient humains, ou non. Je crois être le seul à avoir été ainsi modifié, ou du moins je ne connais pas les autres. Empli de cette sensation de solitude éternelle que rien ne parvient à briser, mon cerveau est un des rares qui peut estimer être libre. Ils ne m’ont pas bridé, comme ils l’ont fait avec les autres « Cerbers ». Mais en auraient-ils eu besoin ? De toute façon, si je m’échappais, je leur serais toujours relié. Si je me rebellais, ils se serviraient de moi comme d’une balise d’espionnage.

Pourquoi m’ont-ils créé, alors ? S’ils savaient que jamais je ne m’enfuirais, et que ma vie serait ainsi clôturée à une série d’observations sans but. J’erre désormais dans ce bâtiment depuis plusieurs années, et jamais on ne m’a rien demandé d’autres que des tâches simples, qu’on demanderait à un assistant, à un imbécile. Peut-être veulent-ils savoir ce que je peux penser de tout ça… Triste sensation que de n’être d’une expérience continue, qui ne vit que pour être observée, telle une souris de laboratoire à taille humaine…

L’Inquisiteur explique des choses à propos de son expérience. Je ne suis pas vraiment sûr qu’il parvienne à les comprendre lui-même. Les IA ont déjà prévu que l’expérience va merder. Elles savent que le contrôle du corps ne sera pas possible, que le cerveau qui devrait être contrôlé ne peut accepter deux activités cérébrales en même temps, et qu’il rejettera le contrôle de l’autre. Mais le reste de l’expérience ne peux que bien se passer, le cerveau ne peux se défendre contre les autres processus. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai faillit faire la remarque. Mais les mots se sont coincés dans ma gorge, alors que ma perception avait brusquement accès à une nouvelle petite partie de l’info sphère. En moins d’une seconde, j’appris les raisons de cet « oubli ». Les IA ont besoin du résultat de cette expérience pour tirer leurs conclusions et parvenir à améliorer les résultats des prochaines expériences. Tant pis si celle-ci échoue, si les deux sœurs ne sont qu’une étape pour l’avancée de l’expérience… Pour les IA, cela n’a aucune importance.

Je m’ennuie ferme. L’expérience a déjà commencé depuis une douzaine d’heures. Je me suis endormi dans un coin de la pièce, docile. A mon réveil, je jette un rapide coup d’œil à l’état des jumelles. Elles n’ont pas explosé, c’est déjà ça. Je me lève et sors de la salle d’opération. J’ai un accès pour toutes les pièces de cet immeuble, et aucune personne ne peut se permettre de me chasser, du moins sur le papier. Les droits dont ils me dotent me laisseront toujours étonnés. Je ne sers à rien, je n’ai jamais aidé l’Inquisition en quoi que ce soit, ni même souhaité une seule fois son bien. Et pourtant, j’ai plus d’accès et de droits que n’importe qui dans cet immeuble, à part l’Inquisiteur suprême et les IA, les vraies. Absurdité…

Je sors. J’ai besoin d’un peu d’air. Dans la rue, tout le monde est agité… Pas moi. Je marche tranquillement, lentement, j’observe les gens autour de moi… Je me pose dans un restaurant, prend un solide petit déjeuner, puis me repose un moment, assis seul à ma table, jusqu’à ce que, vaincu par l’ennui, je me décide à aller prendre des nouvelles des deux sœurs.

Elles sont saines et sauves. Le docteur est heureux de sa franche réussite… Tant mieux pour lui. Des informations, à la lisière de mon esprit, me disent qu’il ne va pas en être ainsi pendant très longtemps. Une tempête arrive à grands pas, et elle a un nom : Ponak. La terreur des Inquisiteurs. Quelle blague. Enfin, ça fera un peu d’activité en cette morne journée de mai… Je me pose dans un coin de la salle, attendant d’admirer le spectacle, qui ne va pas tarder.

Ça y est. Il entre. Violemment. Il était jusque là suivi par la représentation holo de la conseillère Monica, mais en entrant, étrangement, il est seul. Certainement les projecteurs holo ne sont-ils pas encore présents dans cette partie du complexe. Il lance un regard noir au docteur, livide, et lui fait remarquer qu’il n’a pas vérifié les correspondances ADN des deux sœurs avec leur base de données avant l’expérience. Un tel acte lui aurait très certainement appris qu’elles étaient sœurs de l’Ellipsis Karston. Il lui fait aussi remarquer qu’il a énormément de chance qu’elles soient en vie, toutes les deux, sinon lui ne le serait plus. Il le réclame aussitôt dans une salle voisine pour prendre soin des sœurs. Il ne faut surtout pas les perdre, apparemment.

Alors que je mastique ma déception quand au niveau de décibel plutôt faible atteint dans cette salle, quelque chose me sors de ma torpeur. En effet, il me semble bien avoir entendu l’Inquisiteur suprême prononcer ces mots :


« Ah, et puis, quelqu’un… »

Il se tourne vers moi :

« Toi ! »

Je lève mes yeux froids vers son visage enragé.

« Va aider celle qui s’est automutilée. »

Il se tourne vers quelqu’un d’autre :

« Et toi, va chercher l’autre. Amenez-les-moi dans trois minutes dans la salle voisine, pendant que j’explique à notre ami ce que signifie faire une erreur. »

Déçu de devoir quitter la salle, je me lève tout de même en prononçant un simple : « Bien, Monsieur. » Je ne sais pas trop s’il a prit le temps de consulter son implant pour savoir qui j’étais, mais il n’en a rien fait ressentir. Peut être estime-t-il vraiment que toute personne présente dans un bloc opératoire a des connaissances en chirurgie... Quelques minutes plus tard, j’ouvre la porte d’Enaëlle Ashdown, prêt à utiliser mes notions de médecine inexistantes pour soigner quelqu’un qui n’a pas envie de l’être. Un rapide tour dans le réseau m’apprend comment faire une perfusion, ça pourra déjà être utile…

_________________






" Toute époque riche en discordes et en dangers de toutes sortes semble donner naissance à un dirigeant fait spécialement pour elle, un géant politique dont l'absence, rétrospectivement, serait inconcevable au moment d'écrire l'histoire de cette période. "
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Rusty Daniel Livingstone le 10.05.10 13:22

"En ce lieu M.Ponak, je conteste votre autorité !"

L'Inquisiteur suprême se retourna, comme curieux.

"Premièrement, le suivi post-opératoire est non seulement excellent, mais absolument et entièrement prévu. Les réactions au sortir du réveil sont capitales pour compléter mes recherches. Elles veulent s'enfuir ? Preuve qu'elles ont toute leur tête. Elles se font souffrir ? Cela me permet de vérifier que l'une ne ressent pas les douleurs de l'autre tant que l'échange n'a pas été lancé. Tout est sous contrôle, et vous pouvez consulter mon MO si vous en doutez."

Rusty se permit de refermer la porte que son patron venait d'entrouvrir.

"Deuxièmement, j'ai, contrairement à ce que vous pouvez croire, scrupuleusement vérifié leur fiche ADN, comme avant chaque opération. Je sais exactement qui elles sont, mais je préfère qu'elles ne le sachent pas. Je leur est fournit un nom d'emprunt qui ne me relie pas directement, dans l'optique qu'un jour elles rejoignent leur frère. Et lorsque ce jour arrivera, on coincera ce fumier. Pour votre gouverne, et celle de vos IA, l'opération n'a effectivement pas fonctionné entièrement, mais le plus important a réussi. Le transfert de particules est fonctionnel. Le cerveau de la patiente réceptrice refuse purement et simplement de traiter les données du cerveau émetteur, mais toute les sensations peuvent être perçu. Cela ouvre des possibilité inimaginable dans le monde de la communication."

Il se retourna et se dirigea vers un de ses plans de travail d'où il ramassa un dossier classé confidentiel.

"Ceci, est la version officieuse de l'opération. Ce dossier allait vous être remis dans les minutes qui suivent. Il contient en plus le détail d'une opération secrète sur les soeurs Karston. Le succès de l'échange de particules est proportionnel à la distance qui sépare les deux filles. Pour combler les éventuels conflit à courte distance, je leur ai ajouté un dispositif d'émission d'onde corpusculaire. L'envoi d'onde est déclenché de la même manière que l'envoi de neutrino. Le débit est moins performant, mais il permet de compenser tout échec de capture de neutrino. Et là où j'ai jugé bon de mettre cet ajout aux oubliettes, c'est qu'il y a possibilité de capter ses ondes par des moyens plus conventionnels et de les retranscrire sur les fréquences radio de l'Inquisition. À l'heure où je vous parle, ce n'est pas encore possible, car le signal est perturbé par les potentiel d'action, et il semble se disperser. À plus grande échelle, il se pourrait que nous ne le détections même pas. Cependant, cela constitue la suite de mes recherche, et je ne laisserai les soeurs s'enfuirent que lorsque j'aurais mis au point ce dispositif."

Il lui tendit le dossier et ajouta:

"Laissez moi au moins vous les présenter moi-même."

Il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec deux petits comités, venant chacun d'un couloir différent, et étant chacun composé de deux assistants et d'une des soeurs. L'une tenait difficilement debout, suspendu à son porte perfusion, l'autre était allongé dans un brancard, incapable de combattre la lumière qui assaillait ses rétines. La première fut envahi d'une émotivité incontrolable lorsqu'elle aperçu le corps affaibli de la seconde.

"Maitrisez-là ! Qu'on les emmenène dans la salle de repos ! Y'a t-il eut des problèmes ?
- J'ai du refaire une perfusion au matricule 0x%08x et lui injecter une forte dose de calmant, répondit-il précipitamment, en enfonçant une seringue de sédatif dans l'épaule de la patiente.
- Moi, j'ai du laisser allongé le matricule 0x%09y, ses signes vitaux sont faibles, je lui ai donné 2mg d'adrénaline.
-Très bien ! Installez les dans le sofa !"

Rusty n'espérait qu'une seule chose: que sa maitrise de la situation lui vaille le juste minimum de respect de la part de Ponak pour être encore capable de marcher tout seul à la fin de la journée. C'était pas gagné, mais tout de même, il pensait avoir relativement bien épongé la colère du tout puissant.
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Enaëlle Ashdown le 10.05.10 23:11

Dix minutes. Mon sang s’écoule toujours inlassablement. Je m’ennuie. A croire qu’ils m’ont oubliée. Mal assuré, un homme s’avance et s’empare brutalement de mon bras. Sa main tremble. Moi, je ravale mon rire.

"Enchantée, Enaëlle"


Il me regarda d’un air ahuri, comme si j’étais Jésus ressuscité d’entre les morts. Moi qui m’attendais à voir apparaître celui devant m’expliquer le but héroïque de ma vie et me rafraichir la mémoire, … me voilà face à un benêt incompétent aussi terrifiant qu’un enfant voulant une glace. Vraiment, je ne sais pas ce qu’il attend pour me répondre … ou, du moins, pour me soigner. Ma plaie a l’air de l’obséder. Je refoule vite dans mon inconscient cette pulsion de lui planter l’aiguille dans le bras pour qu’il réagisse. Je sais ! Dans cet hôpital, ils doivent employer des arriérés, … discrimination positive oblige … Oui mais là, il est question de ma vie quand même !

« Moi avoir besoin piqûre. Vous appelez chef pour donner piqûre et réparer blessure »


Il sursauta de peur. J’ai dû lui provoquer une décharge d’adrénaline si puissante dans son système nerveux qu’il commença à transpirer comme s’il était dans un sauna, que ses yeux se gorgèrent de sang et qu’il se tint le ventre. Par réflexe, plus que par acte réfléchi, il s’empara de l’aguille que j’avais dans la main avant de la planter, sans garrot préalable ni désinfection, dans l’autre bras. Le bras gauche était déjà en sang. Après les trois tentatives ratées de cet homme, le bras droit le fût également, laissant toute veine inapparente.

« Mais qu’est ce que j’ai fait, qu’est ce que j’ai fait. On va me tuer, on va me tuer, je te le dis moi !"


J’ouvris la bouche pour crier mon désarroi et ma douleur quand un son inaudible sorti de ma bouche. Oui, ce butor venait de mettre sa main moite sur mes lèves en me suppliant de me taire. Je ressentais comme un besoin d’ordres, de combats, d’actes augustes … mais mon corps ne répondait toujours pas à mes supplications. Alors je demeurais là, par terre, en compagnie d’un inconnu incompétent, avec ce sentiment de devoirs inaccomplis et de tâches à effectuer, … je ne savais rien d’autre. Léane, je ressentais sa présence, je savais qu’elle était près de moi. Si elle était morte, je l’aurais su : évidement. Des jumelles savent toujours tout de leur sœur, elles connaissent leurs ressentiments et leurs peurs les plus intimes. Si elle était morte, mon cœur l’aurait ressentit, elle fait partie de moi au même titre que je fais partie d’elle. Du moins, c’était une chimère cette persuasion d’être déjà arrivée à l’apogée de la connaissance de sa sœur …

L’homme demanda du secours à un véritable infirmier et celui-ci me fit des points de sutures à même la peau, sans anesthésie. Mon bras me brule, mais je ne dis rien. Il me fit une perfusion dans la seule veine qui me restait apparente avant de m’empoigner fermement en m’annonçant d'un ton drastique que si je tentais de m’enfuir, il n’hésiterait pas à me plonger cette immense seringue dans le cou.
Opprimée, je sortis aux bras de mes deux gardes du corps qui ressemblaient à tout sauf à du personnel hospitalier aimable.

Deux hommes en face de moi me semblaient être ceux que j’attendais. Plus que des guides, ils exhibaient une sorte d’aura messianique, ils devaient être des Prophètes. Les Prophètes qui feront de ma vie quelque chose d’infini, d’innommable, de perpétuel …

« Ponak » j’entends son nom de la bouche de celui qui semble être mon médecin. « Ponak » voilà mon Messie !
J’aurais pu rester là des heures à l’admirer si aucun bruit ne serait venu troubler mes pensées.

Roulement.

Roulement de plus en plus fort.

Je me retourne et là, je vois ma sœur, mon sang, mon corps, moi-même allongée sur ce brancard.
Léane a les yeux fermés. On n’entend rien, à peine sa respiration. Je lui touche la main. Elle est glaciale. Mon Dieu ! Je sais qu’elle a toujours eu une fragile santé, une propension à attraper tous types de maladies et à mal réagir à une intervention. Déjà quand elle et tombée à vélo et qu’elle a eu sa marque près du cou, elle a mis au moins un mois avant de cicatriser totalement, je n’imagine pas le temps qu’elle va mettre avant de se remettre de cette intervention!

Je crie de toutes mes forces et tente de me débattre afin que les deux gorilles me lâchent. Je veux la prendre dans mes bras, la rassurer, la …


[…]



Une seringue remplie de calmant vint s’introduire dans son cou et éjecter son produit dans le sang de la jeune femme.
Elle perdit connaissance quelques instants avant de retrouver partiellement ses esprits installée dans un sofa moelleux dans lequel elle s’enfonça de plaisir … pour ne plus bouger de faiblesse.
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Léane Ashdown le 11.05.10 16:56

    Brouillard persistant. En dehors de la vague douleur fusant de ses avant-bras constellés de fils et de celle, plus intense, émanant de son crâne, rien. Le vide le plus total. Même la luminosité de la pièce a fini par devenir anodine. Un bruit soudain. Une porte qui s'ouvre et n'est pas refermée. Agacement furtif face à ces gens qui ne savent laisser les choses dans l'état où elles se trouvent avant leur arrivée. Si la porte était fermée, aucune raison de ne pas la remettre en cet état après être passé. Agacement on ne peut plus furtif, vite réprimé par l'idée qu'un tel sentiment n'est pas autorisé. Pas normal. L'individu s'approche. Sans un mot. Ses gestes semblent surs sans être brutaux, peut-être à cause de cette multitude grouillante des câbles rattachés à ce corps bien frêle.

    Néanmoins il ne s'agissait pas là d'un spectacle suffisant pour entamer sa volonté d'exécutant. Il essaya de la faire lever, sans déranger l'ingénieux ballet des perfusions de toutes sortes mais à peine eut-elle quitté le matelas qu'elle s'effondra, retenue à demi par les bras de fer de l'homme. Celui-ci ne semblait pas bien savoir ce qu'il devait faire puisque lever la jeune femme demeurait impossible. Il a rassit un instant sur le lit, visiblement hésitant. Mais d'avoir quitté sa position couchée, elle sentait la tête lui tourner, la douleur battre violemment entre ses tempes, sa peau plus blanche encore que les draps immaculés. L'impromptu infirmier se contenta donc de la rallonger, relevant à demi la partie supérieure du lit afin qu'elle fut en partie redressée et s'engagea dans le couloir, poussant le lit entouré d'un mur de perfusions de toutes sortes. La longueur des corridors ainsi parcourue sembla infiniment longue à la jeune patiente qui ferma les yeux, ménageant son crâne douloureux.
    Une énième porte franchie amenant à une salle immense. Au centre, deux hommes en blouses blanches, visiblement en désaccord. Et non loin, Enaëlle. Sa soeur, aux mains d'autres la maintenant fermement. Enaëlle qui s'élance vers elle, lui prend la main, une main agréablement chaude comparée aux siennes. Dans le même élan, la jeune femme se tend vers sa jumelle, qui elle parvient à se tenir debout. Mais c'est à peine si son bras se soulève, à peine si une vague syllabe s'échappe de ses lèvres en lieu et place de ce nom chéri qu'elle voudrait crier.

    Au milieu du brouillard opaque enveloppant son esprit, il n'y a que deux zones lumineuses. La première, Enaëlle. Enaëlle, sa soeur, sa jumelle, sa moitié, son autre. Enaëlle qui lui est brutalement retirée par l'effet d'une seringue vivement appliquée dans sa peau tendre, s'écroulant sur le sol carrelé. Le contact chaud et tendre sur sa main gelée a disparu. Mais une fois de plus les mots peinent à se faire entendre. Alors à défaut de se tendre vers elle physiquement, elle lui envoie toutes ses pensées d'amour et de soutien, comme pour la relever par l'esprit comme elles le faisaient depuis l'enfance pour s'encourager en telle ou telle chose. Elle sentit soudainement son propre esprit lui échapper, s'enfuir hors d'elle, laissant son enveloppe charnelle sans plus de réactions sur le lit d'hôpital pour venir se heurter à l'inconscience de sa soeur, étendue à même le sol. Cette étrange expérience la laissa un instant pantelante sous le regard intrigué de ceux ayant remarqué l'incident.

    Restait l'autre lueur, prenant corps en cet homme noir en blouse. Aussi est-ce vers lui que se tourne le regard bleu de la nouvelle Cerber. Un regard empli de douleur, d'incompréhension. Un regard suppliant qu'on lui rende sa soeur. Qu est-il ? Un médecin ? Un chirurgien ? Elle fixe encore, attendant qu'il réponde à sa demande muette. Mais celui là est toujours en grande discussion avec l'autre homme. Celui là semble furieux. Mais une fureur sans éclat, impressionnante par sa grandeur glaciale. Et l'autre de se justifier. Elle ne parvenait pas à saisir les termes de leur conversation, si l'on pouvait nommer ainsi l'alternance entre les explications de l'un et les regards chargés de reproches de l'autre. Mais toujours aucune réaction vis à vis d'elle. Et Enaëlle qui demeurait à terre, inerte. A nouveau, elle se projeta autant que possible par la pensée vers sa soeur mais rien. Obstinément rien. Rien qu'une noirceur totale et étouffante tandis que son propre corps se retrouvait déserté, yeux révulsés, complètement figé dans cette position allongée qu'elle conservait jusqu'à ce qu'elle le réintègre.
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Haeg Ponak le 11.05.10 21:09

      Mode PNJ : Re-On.


    J’avoue que je n’avais pas confiance en moi. En ces conditions, la logique mathématique de mon cerveau informatique m’a soufflé une solution.

    « Tu vois le type là bas ? Parfait, lui. Demande-lui de le faire à ta place. »

    Si j’avais su que c’était le porteur de cookies d’un Inquisiteur du coin, j’en aurais peut être fait autrement. Malheureusement, la logique humaine m’imposait de penser qu’en cet endroit, ce devait plutôt être un médecin.

    Ce n’était pas le cas. Soit, mais devant les ordres que je lui ai donné, en ma qualité de rien du tout qui a tout les droits, il aurait au moins pu tenter une protestation, me dire qu’il ne savait pas faire. Il ne l’a pas fait. Soit. Mais alors, quel besoin avait-il, pour répondre à une obéissance primaire, de mutiler le corps d’une blessée ?

    J’étais resté à la porte en attendant qu’il ait finit son boulot, pour ne pas le perturber. Encore une chose que je n’aurais pas du faire. Quand j’ai commencé à l’entendre chialer, je me suis dis qu’il fallait que j’intervienne. Et je suis donc intervenu pour sauver la situation. Quelques soins rapides et oh combien primaires plus tard, je me vis la sortir de la chambre pour l’amener à l’endroit où l’on m’avait dit de l’amener, ne trouvant de meilleur moyen pour la calmer qu’une menace un peu classique mais efficace.

    Plus tard, ma seule réaction quand un infirmier un peu déboulonné enfoncera une dose d’ultra morphine dans le bras de la patiente que je venais de remmettre sur pied sera de lever simplement un sourcil, un peu surpris d’une telle stupidité. Qu’est-ce qu’elle avait fait de mal au juste ? De toute façon, il faudrait qu’elles se parlent ces deux là, et qu’elles se voient. En plus, à mon humble avis, Ponak avait plus dans l’optique de constater leur état de leur vivant plutôt que de regarder des corps avachis sur le sol.

    Tout ne tournait décidemment pas rond dans ce bâtiment…


    * * * * * * * * * * *
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    Tout s’emballait. D’abord, il y avait ce Rusty. Les deux hommes ne s’étaient jamais bien entendu, certes, et Ponak estimait qu’un tel scientifique n’avait pas sa place à l’Inquisition. Il était trop « moral ». Il avait compris l’essence du progrès mais il semblait qu’il ne parvienne pas suffisamment à mettre son éthique de côté pour être vraiment bon. Et il avait pourtant les moyens de l’être. C’est pour cela même que l’Inquisition le gardait dans ses rangs, mais gardaient tout de même toujours un œil sur ses activités.

    Et aujourd’hui, il faisait en plus preuve de désobéissance et d’insubordination. Haeg se retourna et regarda droit dans les yeux le fautif faire l’inventaire de ses torts. Non seulement il avait manqué de tuer les deux sœurs de Karston, mais en plus, il savait ce qu’il faisait. Cela relevait soit de la folie, soit de l’arrogance suprême, soit de l’inconscience pure et dure soit enfin d’une intelligence suffisante pour être au dela des doutes et incertitudes habituelles...

    Manifestement, Rusty avait réussit une merveille. Le projet qu’il avait mené, Haeg ne l’avait pas du tout suivi. Mais il en était fier. Il avait compris immédiatement en lisant le résumé de l’opération l’ampleur du miracle. Mais en plus de cela, des ajouts officieux permettaient certaines choses dont l’utilisation allait au delà de ses espérances. Si le risque de tuer de merveilleuses pièces d’échanges avait été pris, il n’avait en réalité pas été prit au hasard. Ce projet, non content de coller au fait que les sœurs étaient jumelles, collaient qui plus est avec l’utilisation qu’on allait faire d’elles. Il faisait des sœurs une arme parfaite. Contrôlées mentalement, et espionnes contre leurs gré, bientôt. Cela permettait une meilleure chance de réussite pour son plan A, et instaurait même un plan B.

    Les erreurs commises n’étaient donc plus réduites qu’à trois. La première était toujours celle du risque, mais cette fois ci expliqué. La deuxième était celle du fait que la suite de la recherche n’avait pas été faite avant l’opération mais après. Les modifications du système des deux sœurs seraient désormais impossibles, et la faisabilité même du système de récupération de donnée n’était pas certaine. A quoi bon prendre le risque, alors ? La troisième erreur était l’insubordination dont il avait fait preuve. Même si elle était justifiée par la volonté de se faire entendre et la franchise, il ne fallait pas qu’elle se reproduise. Il n’était pas en position de se défendre. Personne n’était en position de ne pas se taire devant l’Inquisiteur Suprême.


      « Vous avez prit trop de risques inutiles Mr Livingston. Mêmes justifiés, ils auraient pu vous coûter votre poste. N’oubliez jamais que l’orgueil est un péché, mais c’est aussi une source d’erreurs. Vous n’avez gagné votre survie qu’à votre chance, et au fait que vous restez malgré tout quelqu’un de suffisamment brillant pour que je n’ai pas envie de me passer de vous, pour le moment. Mais n’oubliez jamais une chose, Mr Livingston, ici, c’est moi qui dirige. Et si jamais il vous reprenait l’idée de faire quelque chose de stupide ou d’inconscient, referez-vous en d’abord à moi avant de commettre une irréparable bévue. L’une d’entre elle a frôlé la mort de très près Mr Livingston… Et vous aussi. »


    Les médecins s’occupèrent des deux femmes, alors que les plus incompétents pouvaient aller passer le balai. On mit la plus excitée, alors inconsciente, dans le fameux fauteuil, et on retira les perfusions inutiles qui gâtaient le bras de l’autre. Elle fut elle aussi mise sur le canapé, aux côtés de sa sœur. Rusty s’assit enfin en face, attendant patiemment qu’elles se réveillent, pour qu’ils puissent commencer à constater réellement l’étendue de leur pouvoir, sous contrôle, et leur expliquer un peu les règles du jeu. La plus faiblarde des deux avait en attendant commencé à découvrir son pouvoir, manifestement, sur sa sœur évanouie. Mais de nombreuses autres expériences restaient à suivre. Haeg s’était calmé, et préférait laisser Rusty œuvrer seul avec ses créatures. Il était dorénavant le plus apte à leur parler. Ponak s’était donc retiré et attendait patiemment dans la salle d’à côté, ou il pouvait les observer tranquillement, sans interférer, tout en en profitant pour feuilleter plus en profondeur le dossier que lui avait donné son inférieur hiérarchique.

_________________






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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Rusty Daniel Livingstone le 13.05.10 20:50

Rusty resta quelques instants à les regarder, encore une fois rattrapé par une de ces moralités qui n'ont pas leur place dans cette partie du monde. Les soeurs étaient toute deux confortablement installée dans le berceau d'innocence, ce sofa qui avait soupesé d'innombrables gens, hommes, femmes et enfants, sans distinctions d'aucune sorte, qui avait moulé le corps de familles entières, sans qu'on leur en laisse le choix.

Par moment, à force de regarder les deux copies conformes qui lui faisaient face, il esquissait un mouvement de tête, minime, vers sa droite, comme si, absorbé par cette effet miroir, il ressentait le besoin de vérifier la présence ou non de son propre reflet. Bien entendu, il ne détournait pas le regard, il savait qu'il n'y en avait pas.


"Mesdemoiselles...", commença t-il, aussi doucement que sa voie rauque et grave le lui permettait.

Il considérait sans démesure la chance qu'il avait d'être en face de leur corps plein de vie, sous le regard critique d'un des plus grand scientifiques que la Terre ait pu porter, qui est celui même qui venait de le laisser exercer, et ce contre toute attente.

Sur cette pensée il se leva, et commença à faire les cent pas, comme si l'élan octroyé lui donnait la force de démarrer son discours. Un discours important que celui du post-réveil, mais un discours qu'il n'avait jamais jugé bon de préparer, car seule la spontannée franchise, meilleure amie du pardon, comptait en pareil circonstance.


"Savez-vous combien de jumeaux il existe sur notre planète ?.. 125 millions, triplés compris. Cela représente à peu près 1,9% de la population mondiale... Seule 8% des naissances de jumeaux le sont de jumeaux monozygote, dits "vrais jumeaux", soit amenant le score à 10 millions de vrais jumeaux dans le monde..."

Il se tourna vers elles, comme pour vérifier leur qualité d'auditrice autant que leur capacité de compréhension.

"Parmis ces 10 millions, seulement deux individus ont acquis un lien suffisamment fort pour être capable de réellement ressentir les sensations de l'autre à leur bon vouloir. Il leur suffit de désirer ressentir pour parvenir à capter les images, les sons, mais aussi les douleurs et les peines de leur moitié. Un lien dont rêve quantité de gens. Et bien oui, qui n'a jamais voulut savoir ce que ressentait une personne au moment de penser à elle ?.. Les jumeaux ont toujours su effleurer ce lien, sans pour autant réussir à le contrôler... Mais aujourd'hui, deux individus en sont capables: vous."

Au moment même où il prononça ce mot, il mis en éveil tout ses sens pour enregistrer, scanner, filtrer chacune des réactions des deux soeurs, le moindre battement de paupière, le moindre croisement de regard, la moindre sueur, la moindre émotivité. Tout devait être conserver dans la tête de Rusty pour être étalé sur le papier à la fin de cette réunion. Car tout avait un sens, toute réaction suivait une logique propre à son propriétaire, révélant ses craintes, ses envies, ses intentions, ses révélations.
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Léane Ashdown le 19.05.10 20:09

    Léane sentit à peine que l'on la libérait de ces trop nombreuses perfusions qui l'encombraient. Elle regardait sa soeur, toujours à terre, que l'on était en train de ranimer et d'emmener plus loin dans la salle, plus loin d'elle. A cette pensée, elle voulut hurler mais le regard mi-noir, mi-vide de son infirmier l'en dissuada. Le résultat d'un tel comportement serait très certainement semblable à celui subit par sa moitié quelques instants plus tôt. Peu à peu, un semblant de vitalité revenait dans son corps, trop peu pour qu'elle se tint debout seule, suffisamment pour pouvoir être assise. Elle finit donc dans le confortable canapé accueillant déjà Enaëlle qui reprenait lentement conscience. Sans même y penser, elles joignirent leurs mains, par réflexe, se transmettant par ce simple contact leur incompréhension, leur inquiétude mais aussi et surtout l'amour et le soutien qu'elles s'apportaient mutuellement. L'homme noir commença à évoquer des choses qui ne lui étaient pas inconnues bien qu'elle qu'elle ne sache ni pourquoi, ni comment, laissant une légère ouverture au fond de son esprit qui se referma bien vite. Du reste, incapable de saisir les bribes de son propre savoir, elle écoutait avec avidité ce que le médecin racontait.

    Les jumeaux. Êtres particuliers que ceux là, qui, dès leur création même, partagent tout, du ventre qui les protège au système qui les nourrit. La jeune femme avait toujours aimé ce lien spécial qui les unissait toutes les deux. Et voilà que le discours de cet homme s'affinait, parlant de catégories plus précises de jumeaux jusqu'à expliquer un dernier élément ne concernant qu'elles deux. Une vague d'émotion déferla sur elle, dominée par la colère. Qu'avait-il osé faire ? Un court instant, ses connaissances aigües en génétique, en biologie remontèrent à la surface, criant à l'horreur. Lier les esprits de deux êtres, les priver de ce dernier véritable rempart qu'était la puzzle compliqué et inviolable des pensées. Il avait osé faire cela. Sur elles, profitant de leur gémellité exacerbée. Et pour quoi ? Leur permettre de ressentir à l'envie les émotions de l'autre, pour améliorer leur communication. Mais elles n'en avaient pas besoin ! Sans pouvoir savoir ce que pensait l'autre en en étant loin, elles savaient tout à fait à quoi s'en tenir lorsqu'elles étaient ensemble. La parole servait à cela. Ce langage bien à elles qu'elles avaient établi toutes petites et dont elles usaient quand elles étaient seules. Les traits de leurs visages, la position de leurs corps, un tic soudainement apparut, une crispation soudaine en disaient bien plus long ce ce qu'elles pensaient et ressentaient.

    Une certitude, clignotant comme une alerte rouge au fond de son cerveau lui martelait que ce qu'il racontait était impossible, inhumain. Pourtant il y avait ce phénomène étrange tout à l'heure lorsqu'elle s'état heurtée à l'esprit inconscient d'Enaëlle. Ce vide total de sensations, son propre corps ne lui envoyant aucun signal alors qu'elle errait entre elles deux. Peu à peu l'alarme dans son esprit ralentit puis s'arrêta totalement.
    Choc.
    Comment était-il possible qu'une telle chose se fasse ? Pas un mouvement dans la pièce. Pas plus en elle. C'était impossible. Il mentait. Ce qu'elle avait ressenti quelques minutes plus tôt n'était que le fruit de son cerveau embrumé par ces produits se déversant alors en elle. Rien de plus. Cela ne se pouvait pas. Il n'avait pas pu faire une telle chose. C'était contre-nature. Elle avait comme l'impression d'être vidée de toutes émotions. L'impossibilité était le maître mot de ses pensées. Et ce vide était des plus reposants. Suffisamment pour qu'une dernière idée se fraye un chemin jusqu'à sa conscience. Si elle n'avait plus tout à fait souvenir de qui elle était, elle savait en revanche qu'elle aimait sa soeur davantage qu'elle n'aurait su le dire. Leur relation fusionnelle était ce qu'elle avait de plus précieux au monde. Et jamais elle n'aurait accepté qu'on y touche, qu'on prit le risque de la briser. Qu'on prit le risque de faire du mal à cette moitié d'elle-même. Rien de tout ce qui avait pu se passer n'avait son aval. On les avait utilisées, dénaturées, les forçant à partager la seule part qu'elles conservaient d'intime tout au fond de leur être.

    Après la vague de colère et le calme plat du choc, c'était un vent de révolte qui se levait. Elle voulut se lever, tempêter, accabler le responsable de reproches et d'injures. Elle n'en fit rien. Venu du plus profond d'elle-même, une cage de glace s'extirpa et vient museler tout cela avec une force inouïe et d'autant plus de violence que la rage qui couvait étaient de celles dont la jeune femme avait le secret. Elle, si placide, pouvait se révéler le plus inquiétant des volcans en éruption lorsque ses émotions étaient trop profondément touchées. Ce qui ne cessait pas de surprendre ceux de son entourage qui ne parvenaient à s'habituer à de tels changements d'humeur, d'autant plus brefs qu'imprévisibles. Rares étaient ceux qui y étaient suffisamment rompus pour le prendre peut-être pas en riant, du moins sans les dramatiser.
    Refusant de se plier à ce qu'on lui imposait, c'est par la force que se fit la soumission de son cerveau à cette obligation de rendre les armes qu'une part impérieuse et étrangement intérieure à elle lui intimait.
    Elle s'écroula en arrière, les yeux vitreux, emplie de l'idée d'obéissance envers ceux que son esprit voulait considérer malgré tout comme ses bourreaux, tandis que sur ses pupilles dansaient des mots divers se rapportant à une vague idée de reconnaissance...
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Enaëlle Ashdown le 20.05.10 23:05

Que le premier qui n'a jamais osé rêver d'un jour oublier le passé me jette la première pierre.
J'ai 25 ans, ma soeur Léane me serre la main sur ce canapé, j'admire ce personnage grandiose qui termine sa phrase avant de s'éloigner avec panache, un bourdonnement embue mes pensées et je sais que je dois obéir, ne me soucier de rien d'autre.

Voilà, Adieu banalités de la vie! Adieu futilités de l'existence! Adieu passé empoisonnant! La voilà qui a la chance de débuter une nouvelle vie, sans rancune, remords, nostalgie.
Voilà une occasion en or.


Bon ce que je voudrais seulement, c'est qu'on me laisse un peu profiter de ma nouvelle innocence, j'ai les jambes engourdies, je veux marcher. Et voilà qu'un médecin, vient nous parler de notre gémellité, c'est bon je sais ce que c'est que des jumelles. Voilà 25 ans que je suis accompagnée de mon double. D'accord c'est rare, D'accord peu de personnes on la chance de pouvoir croiser son image tous les matins à la table du petit déjeuné, d'accord peu de personnes sont monozygotes, d'accord nous avons la capacité de nous rendre dans l'esprit de notre soeur.

[...]

Attendez, avez-t-elle bien entendu qu'elle pouvais voyager par l'esprit dans celui de sa soeur et ressentir toutes ses émotions? Elle peux communiquer par la simple pensée?

Léane, le volcan éteint se réveille. C'est tellement rare que j'en frissonne des pieds à la tête. Elle semble possédée, cela ne lui ressemble pas. C'est la première fois que j'assiste à une éruption si violente. Des larmes de rage coulent sur ses joues, des tremblement d'incompréhension se font voir, des frissons de peur apparaissent.


Mais voilà que je ferme les yeux, pour je ne veux plus la voir si malheureuse. Je pense fort à elle. Je veux lui crier d'arrêter, je suis la seule qui a toujours su la raisonner...
Tel un aigle sortant de mon corps, je sens quelque chose en moi s'arracher, s'évanouir dans les airs et se retourner puis s'abattre dans le corps de ma soeur. Je ressens tout son manque d'incompréhension, sa peur d'être séparée de moi, ... Tout
Je lui glisse un je t'aime. Elle l'a entendu, je le ressens au fond de son âme.
Mon âme s'arrache, le parcours est inverse, je reviens brutalement à moi...
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Rusty Daniel Livingstone le 27.05.10 16:30

L'une était révoltée, l'autre ébahie. Cela se dessinait à tout œil qui savait observer. Rusty en possédait de ceux-là, et il savait en user avec efficacité, retranscrivant ainsi chaque détail du comportement des deux soeurs, des sourcils froncés aux yeux écarquillés, de la prise de conscience à la prise de confiance. Il avait lu l'aberration sur le visage de Léane et l'excitation sur celui d'Enaëlle. Il avait vu au travers de la faiblesse de la première une irrémédiablement envie de vengeance, mêlée à une peur légitime, et dans les élans de soutien de la seconde une espèce de relativisation de la situation, parsemée de la tristesse que conditionnait l'état de sa soeur. Deux comportements divergents, l'un mue par la contestation d'un acte jugé ignoble et l'autre régit par l'envie de profiter de cette toute nouvelle dimension.

Mais justement, ne venait-elle pas d'en profiter ? Un bourdonnement martela l'oreillette de Rusty. Si tôt ? Impossible. Pourtant, les capteurs étaient d'autant plus formels que le communiqué était clair. Enaëlle venait d'effectuer un transfert, en bonne et due forme. Deux magnifiques courbes s'étaient dessinée sur les écrans du laboratoire. Deux, cela signifiait une victoire de plus. La première attestait du transfert de stimuli du corps de Léane à celui d'Enaëlle, comme il se devait d'être, mais la seconde, plus qu'invraisemblable en vue des résultats des tests post-opératoires constituait la preuve la plus fidèle qu'Enaëlle avait agit sur le corps de Léane. La nature de l'action restait toutefois encore inconnue.


"Qu'avez-vous fait ?"

Rusty s'était brusquement approché d'Enaëlle, lui saisissant les épaules sans mesure préalable de sa force.


"Qu'avez-vous réussit ?"

Se rendant compte de l'émotion qui le submergeait, il relâcha l'étreinte, recula de quelques pas pour se laisser tomber sur le fauteuil qui faisait face aux deux soeurs.

"Qu'avez-vous réussit ?"

Son ton s'était adouci, comme par épuisement. Il se passa une main sur le front, ferma les yeux le temps de se reprendre.

Un second bourdonnement retentit dans son oreille. Quelques précisions furent ajoutés. Les potentiels d'action était de très faible intensité, et le corps receveur y avait réagit de façon exclusivement passive. Au pire une tentative de contrôle loupée, au mieux les données informatives d'un son...
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Re: Toi, tu es mon autre...

Message  Enaëlle Ashdown le 07.06.10 2:12

Comment lui expliquer ce que moi-même je ne comprenais pas? "Qu'avez-vous réussi? Qu'avez-vous réussi?" Il m'en pose des questions! Et d'ailleurs il n'est sûrement qu'un excécutant! Ce n'est pas lui que je veux voir! Ce n'est pas lui qui doit me donner un ordre. "Qu'avez-vous réussi?" Nan mais comment il veux que je lui explique quelque chose qui, pour moi, demeure inconnue. D'accord, j'ai sûrement réussi le test du : "je-parle-à-ma-soeur-jumelle-par-l'intermédiaire-de-mon-esprit", mais qu'est-ce que je peux lui dire d'autre moi, ce n'est pas moi le scientifique, c'est lui!

Je le sens comme un vautour survolant des carcasses, il attend, intrépide, que je m'offre tout entière à lui, que je lui révèle le fond de mes entrailles. Mais je ne le laisserai pas me transperser le crâne une deuxième fois pour me retirer ces dons d'héroïne ou pour rententer ses expèriences frankensteinniennes ! Je me dois donc de coopérer sans pour autant le laisser me dominer grâce à la découverte de mes failles.

"Bien, j'ai pensé très fort à Léane. Je voulais qu'elle se calme. Je voulais qu'elle ressente tout l'amour que j'ai pour elle afin de l'apaiser. Je ne sais pas, j'ai senti mon esprit vagabonder dans une sorte de tourbillon intouchable, Je lui ai dit "je t'aime". Et paf, me revoilà dans mon corps"

A la vue de sa mine renfrognée, je ne pouvais pas percevoir ce qu'il pensait de ma réponse. je ferma les yeux, pensa très fort à ce scientifique et essaya d'atteindre son cerveau pour voir ce qu'il en était de ses sentiments. Ok, je sais que ce n'est qu'avec Léane que je peux faire cette transplantation spirituelle. Mais je n'en sais rien moi, par une erreur de calcul ou lors de l'intervention chirurgicale, il aurait pû se tromper et moi d'avoir le pouvoir de lire dans les pensées de tous! L'imprévisible est dans la nature même de l'entreprise scientifique. Aux questions qu'ils me posent et aux précautions qu'ils prennent à me maintenir en vie, c'est bien qu'ils ne sont pas certains des résultats de leur expérience. Il est alors dans mon droit de les aider à tester leur produit. Et, d'en jouir par la même occasion.
Bref, mon instant mégalomane fût vite évincé en voyant ma tentative échouer. Vaine épreuve qui, je pense, a bien distrait cet homme en blouse blanche. Quoi, j'ai bien le droit de vouloir tester mon pouvoir! Que ferez-vous à ma place?

Apparement, je vais mettre un bout de temps avant de maîtriser pleinement ce pouvoir. J'ai envie de m'entrainer avec Léane, je veux maîtriser ce nouveau talent si excitant. Je veux agir. Je veux un projet ambitieux. Mais je ne supporte pas de subir un interrogatoire policier.

Il faut que je reste calme, je le sais, je le sens. Sinon, les choses iront sûrement très mal pour moi et pour Léane.

Léane, elle, semble me regarder de son air habituel de " Emy, tout va bien, ne t'en fais pas, calme toi" qu'elle me lance lorsque je me sens opressée. Opréssée. Opressée ici demeure un euphémisme.
Je me sens observée tel un fasme dans un terrarium, décortiquée comme un oignon, ascétisée indentiquement à un malade infectieux, fusillée à la manière d'un vieux western et asphixiée semblable à un prisonnier d'incendie.
J'ai toujours detesté être dans un lieu clos trop longtemps. Cela, je m'en rappelle bien, on oublie jamais ses aversions, celles-ci sont gravées dans nos cellules, ont proliféré et se sont incrustées dans chaque recoins de notre corps. J'ai besoin de sortir.

J'ai toujours besoin d'avoir un corps en action, ... et ceci n'ai pas changé en vingt-cinq ans. Lorsque nous étions enfants, à l'école, je ne supportais pas d'être assise plus d'une heure dans une salle de classe miteuse. Parfois, certains cours s'étendaient sur quatres interminables heures. Je n'ai jamais pu tenir trop longtemps en place. J'avais besoin d'air frais. J'ai besoin d'air frais. Alors, lorsque je ressentais le besoin de m'aérer l'esprit, nous avions établi un code. Si je clignais deux fois de suite des yeux, je devais prétendre avoir envie d'aller aux toilettes et, comme on était obligées d'être accompagnées, c'est elle qui venait (ceci c'était si je voulais une petite pause); si je clignait trois fois des yeux, c'est que, comme Léane attrape souvent des maladies et que la maitresse était au courant, elle devait simuler un rhume ou une gastroantérite ... et moi de l'accompagner à l'infirmerie (ceci, c'était pour les pauses d'une demi-heure/une heure); enfin, si je clignais quatre fois consécutives des yeux, c'était notre "code-rouge" (ceci c'était pour perdre plusieurs heures voire la journée de cours). Ce "code-rouge" signifiant : il faut vraiment que je sorte, j'étouffe, je vais simuler un malaise, prépare toi à demander de me sortir dehors.

Je souris en repensant à nos malices enfantines. Mais je suis quasiment sure, qu'elle n'a pas pu oublier cela. C'était notre code...

Je plonge alors mon regard dans le sien, et cligne machinalement quatre fois des yeux


[...]
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Enaëlle Ashdown
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